Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Les Wriggles - Complètement red

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

En rouge et... rouge !
Voici maintenant presque 25 ans que les membres du groupe Les Wriggles revêtent sur scène leur habit de lumière écarlate.
Ce n'est donc pas un hasard si leur nouveau spectacle s'intitule « Complètement red ».
Logique, non ? Même que plus logique, ça ferait trop !

Les Wriggles, c'est un groupe musical et vocal composé de cinq membres.
Les Wriggles, ce sont les petits enfants des Frères Jacques, les petits cousins des Chanson Plus Bifluorée.
Les héritiers d'une tradition de groupes de talentueux musiciens et de vrais auteurs.
Des artistes qui par le biais de la chanson, de l'humour, du burlesque, nous proposent des petites tranches de vie, des instantanés plus drôles les uns que les autres.

Le ton est donné même avant que le spectacle commence.
Une vraie menace, un terrible avertissement, concernant la prise éventuelle de photos et l'oubli d'extinction du téléphone portable sont proférés.
Un premier éclat de rire secoue la salle mythique du Palace. (Je vous laisse évidemment découvrir.)

Les cinq membres actuels du groupe, Stéphane Gourdon, Antoine Réjasse, Franck Zerbib, Emmanuel Urbanet et Fabien Marais ne vont pas ménager leur peine.
Les cinq compères sont donc des auteurs, des comédiens, des musiciens et des chanteurs accomplis.
Guitaristes, (instruments acoustiques ou électrique), ukulélistes (?), tous chantent, dans leur tessiture respective.

Le métier et le talent sont là : une vraie cohérence vocale, une belle pâte sonore se dégagent en permanence de l'interprétation de ces chansons.

Et puis les textes.
Des textes drôlissimes, parfois surréalistes, loufoques, avec également des moments de plus grande tendresse, d'émotion.
Des textes parfois osés, mais jamais vulgaires. Des textes qui peuvent secouer ! On rit énormément.

Pour notre plus grand bonheur, les cinq n'ont par leur pareil pour débiter des horreurs avec la plus belle ingénuité. Ce décalage fonctionne à tous les coups.

Les chansons du nouvel album sorti en février dernier côtoient les classiques.

Ces nouveaux titres n'ont rien à envier aux anciens.
Nous retrouvons toujours cette dérision, cette perception des petits et grands travers de nos sociétés.
Avec notamment « Bourguignon » qui met en scène de façon hilarante un internaute postant sur le web sa recette du bœuf bourguignon, et le tchat qui en découle.


Hilarante également cette ode, ce cri d'amour à un petit accessoire souvent jaune, que l'on trouve « Dans son bain »...

Des chansons plus « politiques » au sens noble du terme se trouvent également sur l'album éponyme, comme « Bye-Bye », consacrée au dégraissage actuel du Code du travail.
« On te dit rendez-vous dans dix ans
Sur la place des prud’hommes
Même, si c’est d’venu un Auchan
Ou un funerarium !

Bye-bye, le code du travail. »

Et puis hier soir, moi qui suis fan depuis belle lurette, j'ai retrouvé avec bonheur « La petite olive », « Poupine et Thierry », et « Car l'amour »...
Bien entendu, des titres manquent à l'appel, mais il aurait fallu un spectacle de cinq heures. (J'ai regretté l'absence de « Les voisins », de « Délit de face, yes ! », ou encore « Des laisses ».)

Il y a du clown, dans chacun des cinq gaillards.
On les a d'ailleurs souvent vus par le passé avec des nez rouges. Ce n'est pas un hasard.

La mise en scène est burlesque. Des clowns, vous dis-je.
Le plateau est souvent nu, à part quelques chaises (rouges, forcément), ici et là...
Ce burlesque culmine avec plusieurs moments irrésistibles mettant en scène des espèces de zombies, qui finiront par participer à un spectacle étrange et abscons, que ne renieraient pas certains auteurs habitués des théâtres subventionnés.
(Les amateurs de sous-titres se régalent...)

Le public est évidemment composé d'aficionados, mais aussi de jeunes gens qui découvrent avec un vrai bonheur le groupe (c'était le cas de mes voisins), ce public qui ne boude pas son plaisir, rit, chante, reprend en chœur certains refrains, tape dans les mains.
Standing ovation finale. Bien méritée !

Vous savez donc ce qu'il vous reste à faire pour retrouver ou faire connaissance avec les Wriggles et partager leurs univers !

Deux autres dates figurent sur la programmation du Palace, les 10 et 17 décembre prochain.
Il faut d'ailleurs signaler que le concert du 10 décembre sera surtitré en LSF, la langue des signes.
Du coup.
Du coup ?
Du coup !

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Il n'y a pas grand chose à rajouter tellement les mots sont forts effectivement voila cinq garnements talentueux aussi bien musicalement que scéniquement. Un excellent moment de détente.
Merci messieurs c'était exceptionnel.
Répondre