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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

No bullshit

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

No bullshit at Sopi !

Tel est le slogan de cette entreprise internationale, une réussite à la française...


Alain Péron a écrit cette pièce qui oscille entre comédie et spectacle plus noir.
Nous allons être en permanence tiraillés entre ces deux aspects dramaturgiques.


Une vision du monde du travail qui se situerait entre l'excellente série Caméra Café (dont je suis un fan absolu), la bande dessinée Largo Winch et le grand auteur français Michel Vinaver, ex-PDG de Gillette, et dont l'œuvre théâtrale est axée sur la dénonciation des mécanismes pervers du capitalisme.

 

On retrouve d'ailleurs dans l'écriture quelques aphorismes que ne renierait pas Jean-Claude Convenant, le commercial de la série sus-nommée, incarné par l'excellent Yvan Le Bolloch', un représentant de commerce roulant en Xantia et portant des costumes Rémi Garenne. (Fan absolu, je vous dis...)

Nous allons donc assister à l'ascension de la jeune Charlotte au sein de cette boîte.
Tromperies, faux semblants, coups plus ou moins bas, caricatures, stéréotypes, rien ne nous sera épargné.

Trois comédiens ont retenu toute mon attention, par leur justesse et leur engagement permanents.

L'auteur lui-même, Alain Péron, aux faux airs du regretté Jean Yanne.
Son sympathique personnage de « cadre-gros nounours » allergique à la technologie est assez réussi.

Johanne Ricard joue le rôle d'une cadre aux dents plus ou moins longues, pour qui la vie se résume à trois catégories d'individus : « les guerriers, les victimes et les fourbes ».
La comédienne est d'une parfaite crédibilité.

Et puis Thierry Fohrer, qui est une sorte de très haut dirigeant, sous-PDG un peu gourou sur les bords.
Le comédien cultive parfaitement l'ambivalence du personnage. Sa dernière tirade procure bien des frissons. (Je n'en dis pas plus, pour ne pas déflorer l'intrigue et le dernier rebondissement...).

Le public présent hier n'a pas boudé son plaisir.

S'il faut aller voir ce spectacle, c'est également en soutien à cette entreprise artistique.

Cette pièce est victime actuellement d'une vraie censure sur Facebook, comme l'annonce Alain Péron à la fin des saluts.

Censure, donc, au motif surréaliste d'une raison on ne peut plus hypocrite : l'emploi du mot « Bullshit » du titre, qui est un gros mot au pays de l'Oncle Sam...

Un gros mot apparemment terrible aux yeux des administrateurs du réseau social.

Dans un premier temps, après réclamation, Facebook France a admis que ce n'était pas si grave que ça, mais rien n'y a fait.
On a même conseillé à l'auteur de remplacer « Bullshit » par « Bull........ ». (Avec des petits points supposés pudiques...)

Incroyable mais vrai... Au royaume de la faux-cuterie la plus exacerbée, Facebook est roi...
C'en est pathétique !
Soutien donc inconditionnel à No bullshit !

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