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Jungle Book

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Robert Wilson a mis un tigre dans son moteur dramaturgique.

Oui, les amateurs d'esthétique wilsonienne sont aux anges.
En adaptant la célébrissime œuvre de Rudyard Kipling, le dramaturge américain de 78 ans veut s'adresser aux enfants.
Et surtout aux grands enfants. Ce spectacle est un spectacle pour GRANDS enfants.


Il faut être clair.
Autour de moi, les petits de 8, 9, 10 ans ne comprenaient pas bien de quoi il ressortait.
Témoin ce jeune homme de « 8 ans et demi », (il tenait à son « demi »), un gamin drôle, spirituel, intelligent, et qui à la fin du spectacle lançait un « Bon, mais alors, Shere Khan, il est mort ou pas ? »
Cette production intellectualisée, parfois froide et métallique, s'adresse donc plutôt à ceux qui sont déjà familier avec le roman et Robert Wilson.

Ceux-là se régalent.


Impossible de passer à côté : Wilson fait du Wilson.
Grand écran dépoli derrière lequel des projecteurs LED changent de couleur, diffusant des a-plats pastels : c'est du Wilson.
Les silhouettes noires des comédiens devant cet écran uniforme, c'est du Wilson.
Les éléments de décor (un amas d'écrans TV, des lampadaires, des arbres stylisés...) qui apparaissent eux aussi tout en noir : c'est du Wilson.


Ici, nous allons découvrir des personnages zoomorphes, ceux de notre enfance.

Ceux que l'on connaît tous. Ceux que l'on a appris à connaître.
Bagheera, Shere Khan, Baloo, Kaa et consorts.
(Mention spéciale à Jo Moss, incarnant King Louie, le singe, et qui exécute des acrobaties à la corde.

Tous sont immédiatement reconnaissables.
Le colonel Hathi aux grandes oreilles et en chemise de nuit enfantine se charge de la narration.

Mowgli est un basketteur émérite. Short et maillot rouges (le rouge des Chicago Bulls ?) en témoignent.

Chaque comédien-chanteur ne changera jamais au cours du spectacle de gestuelle, d'expressions du visage, de façon de danser, de façon de chanter.
Ce qui se veut probablement un moyen infaillible d'identifier qui est qui, ceci se montre un peu monotone à la longue. La démarche de Mowgli en témoigne.


Un quatuor de musiciens interprète en live la partition de Cocorosie.
Nous irons de jolies chansons un peu à la Elton John à du rap et du hip-hop plus urbains.

L'acmé du spectacle, pour les jeunes spectateurs, se situe au moment où un chasseur froussard au fusil blanc laisse échapper deux pets retentissants.

Sinon, hier, j'ai noté un problème de son.
Je ne sais si l'ingénieur du son façade FOH était le titulaire de cette production, mais le son était très plat, sans réelle dynamique, sans aucun relief. « Ca ne sortait pas », pour reprendre un terme du métier.
Il faudrait remédier rapidement à ceci.

Les fans de Robert Wilson ressortent enchantés de la salle du XIIIème art.

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