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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Thomas Dutronc et les esprits manouches

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Voici un artiste qui a su se faire un prénom !
Et pourtant, dès la première chanson, impossible de ne pas penser à papa.
Dutronc. Thomas.

Mais ce jeune homme a tout de suite trouvé comment surmonter la difficulté de trouver sa propre voie et sa propre voix.


Cette tournée, avec son groupe Les esprits manouches, est celle qui fait suite à la sortie du dernier album en date, « Live is love ».


Sans surprise, et comme ça, ce sera fait, c'est le tube « Comme un manouche sans guitare » qui débute le set.


Ce qui frappe immédiatement, outre le comptoir sur la scène avec ses verres et ses bouteilles, c'est la remarquable prise de son signée Hubert Salou.
J'ai rarement entendu un aussi bel exemple de restitution sonore que celle-ci, ici à Fontainebleau, ou même dans les autres festivals jazz.

Salou, console Midas, Système de diffusion Christian Heil-LAcoustics... Et le tour est joué !


Sur scène, les six musiciens déclenchent immédiatement l'enthousiasme des très très très nombreux spectateurs, venus spécialement pour lui. 


Puis, Thomas nous demande de faire les cigales, pour plusieurs morceaux composés en Corse, et notamment le très beau « J'me fous de tout ». 
Des chansons composées « un lendemain de fête »... Je cite...


Petit à petit le ton monte, notamment grâce à un merveilleux solo de guitare de Rocky Gresset.
Oui, l'esprit manouche est véritablement là !


Viennent ensuite des morceaux « plus swing », selon les mots-même de Thomas Dutronc qui demande aux quelque dix-mille spectateurs de se lever, puis de danser. Y compris sur la scène, à ses côtés.
L'ambiance est bon enfant, festive, joyeuse.


Sur la scène, pour jouer, ça joue.
« J'me sens tzigane », nous chante Dutronc. Nous aussi !


Le duo Maxime Zampieri à la batterie et David Chiron à la contrebasse délivre une rythmique puissante et métronomique.
Ces deux là s'entendent comme des larrons en foire. Mais chacun de leur solo est un grand moment !


Thomas se saisit alors d'une stratocaster, dont il joue également remarquablement. Ce sera une belle « chanson d'amour », « Sésame ».


Et puis, dans la foulée, un autre tube, écrit en 2007, repris régulièrement par les opposants naguère de M. Delanoë et actuellement de Mme Hidalgo : « J'aime plus Paris ».
On note dans les paroles le petit clin d'œil « Il est cinq heures, Paris s'endort. »
Au cours de cette chanson, Aurore Voilqué nous offre un magnifique solo de violon !
Quelle virtuosité, quelle technique, quel sentiment de facilité !

Elle déclenche une véritable ovation !


Il faudra se résoudre à se quitter...
Mais bien sûr, trois titres constitueront les rappels.
Aragon, une chanson-hommage.

Une chanson dédiée à Henri Salvador, « Viens dans mon île ».

Et puis pour terminer, un hommage également au grand Serge, avec cette reprise de « Chez les yéyés ».
Thomas Dutronc ira trouver sa Lolita chez les yéyés, certes, mais surtout chez les manouches !

Un show de grande ampleur, millimétré, certes, mais avec beaucoup de moments d'improvisations, beaucoup de place étant laissés aux musiciens.
Il s'agit vraiment d'un groupe, et non pas seulement d'un chanteur accompagné de cinq musiciens.

Ce spectacle de la tournée 2019 est un très beau moment musical et humain.
Des musiciens jouent, s'amusent sur scène, en mettant en valeur la culture jazzistique manouche de façon enthousiasmante.

« Youpi, bordel ! » Ce seront les deux mots de la fin !

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