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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Gretel et Hansel

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Quand la valeur n'attend pas le nombre des années !


A l'Opéra-Comique, Olivier Mantéi et ses troupes ont bien compris l'importance de la transmission et de la pédagogie auprès des jeunes têtes plus ou moins blondes.


La deuxième édition de l'opération « Mon premier festival d'Opéra » vient de débuter avec un remarquable spectacle, adapté de l'œuvre d'Engelbert Humperdinck, « Gretel et Hansel ».
Il s'agit ici d'une version resserrée à une durée d'une heure et trente minutes, créée à Lyon en 1995.


Bien entendu, tout le monde connaît ce célèbrissime conte pour enfants, avec ses multiples lectures. C'est l'un des plus anciens du fond européen, popularisé par les frères Grimm en 1812.


Nous retrouverons donc sur le plateau ces deux frère et sœur, ainsi que la fameuse sorcière.
Pour autant, en 1893, Humperdinck a sérieusement aménagé la version originale.


Ici, les parents n'abandonnent plus leurs enfants dans la forêt. Et pourtant, on nous l'affirmera sans autre forme de procès : « C'est une sale bête que la faim ! »

Non, c'est en raison d'une bêtise (un pot de lait renversé) que les enfants, volontairement culpabilisés par la mère, filent dans la forêt pour aller chercher des fraises.


Nous serons donc entraînés au milieu de ces arbres, (sans la maison de pain d'épice qu'attendaient pourtant nombre de jeunes spectateurs), pour rencontrer cette sorcière anthropophage et cannibale (appelons un chat un chat), qui elle, vit dans l'opulence.


Une famille affamée, dans la misère, une riche « aristocrate » forestière.
Serions-nous devant un tableau représentant une vraie lutte de classes ?

L'interprétation de cette adaptation le laisse évidemment supposer.
 

Hier, les jeunes chanteurs de la Maîtrise populaire de l'Opéra-Comique ont purement et simplement ravi et enchanté les spectateurs de la Salle Favart.


Formés par Sarah Koné, qui assure également la mise en scène et la direction musicale de ce spectacle, les ados de cette remarquable Maîtrise vont déployer tout leur jeune talent pour nous faire vivre avec passion ces aventures-là.


Que de fraîcheur sur scène, que de métier, déjà !
On perçoit bien la grande quantité de travail demandée, également, pour arriver à une telle richesse artistique !

Une très belle cohésion vocale règne, dans les airs de chœur. Une vraie pâte sonore est là, très cohérente.

Les solistes sont totalement crédibles dans leur personnage qu'ils interprètent avec une réelle conviction. Nous sommes vraiment pendus à leurs mots et à leurs notes.


La justesse est là, la technique vocale lyrique également. Melle Koné est une excellente pédagogue !

J'ai beaucoup aimé l'interprétation de la sorcière par Ludmilla Bouakkaz, ainsi que celle de Justine Chauzy dans le rôle de la mère.
Karl Gedor est lui aussi parfait en père-marchand de balais.

Micha Calvez-Richer et Rachel Masclet étaient hier Hansel et Gretel. Les deux très jeunes chanteurs ont réussi sans problème à captiver la salle. Leur duo fonctionne à merveille.

Tous ces jeunes ne font pas que chanter, ils dansent, également, grâce à la jolie chorégraphie de Christine Bonneton. Une scène d'infernal sabbat est particulièrement réussie. Les cinq sorcières en espèce de robe de bure sont formidables, avec une gestuelle irrésistible.

Hier sur le plateau, une vraie joie régnait. On sentait un vrai plaisir de jouer, de chanter, de donner du bonheur au public.
Sarah Koné, vous pouvez être fière de vos ouailles !

Les spectateurs ne s'y sont pas trompés, qui ont applaudi à tout rompre cette production.


Non pas comme des familles qui viennent voir leurs enfants.
Non. C'était bien au delà. Comme des amateurs d'art lyrique félicitant et remerciant des Artistes.

© Photo Opéra-comique

© Photo Opéra-comique

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