Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Prévert

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

On la connaît, Yolande Moreau.
Avec notamment ses participations dans Lapin chasseur, Les pieds dans l'eau, C'est magnifique, Les Deschiens, de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff...
Deux Césars pour son film « Quand la mer monte ». Et j'en passe...

 

On le connaît, Christian Olivier.
Membre fondateur des Têtes Raides, toujours en activité depuis 1984, fondateur du groupe La Côterie en 2008, écrivain, artiste pluri-disciplinaire et pluri-medias. Et j'en passe...

Ces deux-là devaient se rencontrer. C'était écrit !


Au hasard d'une exposition consacrée aux collages de Jacques Prévert, Melle Moreau et M. Olivier ont eu l'idée et l'envie de prolonger cette plongée dans l'univers du poète.


Ils ont donc réalisé une sélection de ses textes, connus ou beaucoup moins connus, avant de les mettre en musique le cas échéant, et de les interpréter en parlant ou chantant.

Chacun dira, chantera à tour de rôle. Rarement les deux se retrouveront ensemble.


De chaque côté du plateau, un fauteuil derrière une table basse attendent les spectateurs.
Après l'annonce, le noir descend et le brigadier se fait entendre. Une série de coups.
Et le cri du coq. Premier élément de poésie surréaliste...
Une gigantesque photographie du portrait de Prévert est projetée.

Yolande Moreau de sa voix et de son timbre reconnaissables entre mille dit les textes avec un débit très très lent, avec une expression souvent hallucinée.


La manière de chanter de Christian Olivier est elle aussi reconnaissable entre toutes.
D'une voix grave, éraillée, une voix qui a vécu, il chantera la majeure partie du temps.


Le duo fonctionne à merveille. La poésie de Prévert est grandement et très bellement servie par ces deux artistes originaux au possible.
Ils sont accompagnés de trois musiciens poly-instrumentistes.


J'ai été frappé par le choix des textes.
Il m'a semblé que les deux compère et commère avaient délibérément choisi le parti-pris de restituer la tristesse, le désespoir, le côté noir de Prévert. Et uniquement ce côté-là.
Qui évidemment se trouve dans beaucoup de ses œuvres.
On ne peut pas dire que le tube "Les feuilles mortes" fasse l'apologie de la gaudriole. Certes. 


Toutes les compositions, à l'exception d'une seule, seront en mode mineur.
Les textes sont souvent d'une d'une désespérance consommée.
Les trois musiciens ne rient jamais, ne communiquant entre eux en aucune façon.
Les lumières sont soit faibles, soient très crues, sans couleur.


Le spectacle est très beau, tout est techniquement très bien fait, les deux artistes sont irréprochables.
Mais qu'est-ce que c'est sombre !
Il faut avoir un moral au beau fixe pour aller applaudir Yolande Moreau et Christian Olivier dans ce bel hommage à Jacques Prévert.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article