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La seule certitude que j'ai, c'est d'être dans le doute

© Photo Y.P. -

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Comme il nous manque, à vous et à moi !


Sans le point de côté qui n'en était pas un, sans le tourteau qui ne se contenta pas du match nul, sans le crabe aux terribles pinces, il aurait bientôt quatre-vingts ans.


Pierre Desproges. (1939, Pantin -1988, Paris)


Christian Gonon reprend le spectacle qu'il avait créé en 2010 au Vieux-Colombier, cette fois-ci dans le cadre de la série des « Singulis » au Studio-Théâtre de la Comédie-Française.
Ce seul en scène est une sélection par ses soins de textes, de chroniques, de sketches de celui dont on dit souvent à tort qu'il ne pourrait plus écrire « ça ». Moi, je crois au contraire qu'il le pourrait et surtout qu'il le ferait !


Le comédien arrive côté jardin, chemise blanche, pantalon de smoking. La veste l'attend sur le dossier d'une chaise.
Il est pieds nus.
Deux souliers vernis l'attendent, eux aussi.


Même avant de commencer à dire les textes de Desproges, il va lui rendre un très subtile hommage.
Les yeux.
Comme Pierre le très grand, M. Gonon balaye plusieurs fois la salle du regard, un petit sourire aux lèvres, comme un tout premier premier défi.
Ca dure quatre secondes, et tout est dit, tout est posé.


Pour autant, le comédien ne cherchera jamais à imiter son héros.
Non, il dira et interprétera à sa façon les fulgurances, les bons mots, l'humour noir, les provocations, les formules qui pointent les absurdités quotidiennes, et l'anticonformisme de Desproges.
Cette façon-là est épatante !


Ses nuances, ses ruptures, ses accélérations, les expressions de son visage nous ravissent. Et nous font bien rire.

Ce rire sain, intelligent, nécessaire plus que jamais, contenu dans ces textes.

 

Au bout d'une quinzaine de minutes, il va enfiler les chaussures et enfiler la veste de smoking. Comme s'il avait gagné la légitimité d'endosser le costume de l'humoriste.


Et nous de redécouvrir (ou découvrir pour les plus jeunes...) Desproges, les textes, les personnages qu'on attend (Yvette Lemercier, du Vésinet, Jonathan Cifflé-Leutrin, ou encore le chauffeur du taxi immatriculé 790 BRR 75, et j'en passe...)


Alain Lenglet et Marc Payet ont assuré la mise en scène, avec des chaises, une petite rumba, une loupiote, un runing-gag musical (« Etonnant, non ? »), le célèbre coup de pied desprogien, et puis une valise marquée d'une grosse croix rouge.
Et non, je ne vous dévoilera pas son contenu !


Moi qui suis pourtant Béarnais, j'ai trouvé ce spectacle beaucoup trop court !
Les talents conjugués de Desproges et Gonon font que toute la salle aurait eu envie d'en écouter, d'en voir beaucoup plus...


Juste avant la fin du spectacle, le comédien ôtera sa veste et retirera ses chaussures.
Nous, nous lui tirons notre chapeau !

Ah ! J'allais oublier...
Dans la même soirée, Christian Gonon joue ce spectacle immédiatement après avoir joué dans cette même salle avec sa camarade Jennifer Decker la pièce de Musset « Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée » !


Et moi, de lui tirer une nouvelle fois mon pork-pie-hat !
Chapeau ! Vraiment !

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