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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Opérapiécé

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Ce que nous proposent Aurore Bouston et Marion Lépine, c'est beaucoup plus qu'un spectacle humoristique et musical.


C'est une délicate friandise, une délicieuse gourmandise, un tourbillon d'images et de notes, un régal visuel et vocal à déguster sans modération aucune.


Le concept de ce show est à la fois simple et on ne peut plus sophistiqué : pendant un peu plus d'une heure, les deux chanteuses vont raconter musicalement parlant l'histoire d'une provinciale bien décidée à conquérir Paris, comme disait qui vous savez.

Elle va rencontrer chemin faisant un autre personnage plus ambigu.


Les deux demoiselles vont donc nous narrer toutes les aventures administrativo-professionnello-sentimentales de leurs héroïnes, mais à leur façon.


En huit tableaux, dont elles affichent les huit drôlissimes titres en fond de scène (je vous laisse découvrir...), elles détournent des thèmes classiques ultra-connus (du genre « J'aime pas la musique classique, mais ça oui...) et de véritables scies provenant de la variété française.


Elles ont écrit leurs propres paroles hilarantes, ou détournent celles déjà existantes.
Si ça fonctionne ? Et comment !


Melle Bouston et Lépine sont d'authentiques et accomplies chanteuses lyriques.
On sent bien l'immense technique, la sensibilité, les timbres de voix très travaillés, on perçoit bien la somme de travail qu'il a fallu pour arriver à une telle maîtrise vocale.


Tout sera donc chanté. Seules ou en duo, elles nous ravissent.
Et nous font beaucoup rire, grâce notamment aux paroles souvent déjantées.

Le décalage entre le « sérieux » des œuvres interprétées et le côté « terre à terre » des textes fait merveille.


Elles sont également drôlissimes grâce à la mise en scène de William Mesguich qui a su exploiter au mieux la vis comica des deux artistes.
Il y a du burlesque sur la scène, ça n'arrête pas un seul instant, ça pulse, c'est enlevé, on vibre en permanence.


C'est une sacrée performance que d'enchaîner les presque quatre-vingts extraits chantés, tout en jouant la comédie et en dansant. Les chorégraphies sont signées Barbara Silvestre.


Elles sont accompagnées à l'accordéon par Marion Buisset, sur de somptueux arrangements de Louis Dunoyer de Segonzac.
Là aussi, c'est du grand art, nous sommes complètement séduits par les subtiles orchestrations et le jeu virtuose (il fait appeler un chat un chat) de Melle Buisset.


Il me faut également mentionner un autre élément primordial contribuant à l'éclatante réussite de ce spectacle : ce sont les très beaux costumes de Marie-Caroline Béhue, pour l'atelier BlackBaroque.
C'est un autre régal pour les yeux.


Vous l'aurez compris, c'est donc un délicieux moment théâtral et musical qui nous est proposé à l'Essaïon.
Il faut absolument aller découvrir ce spectacle étonnant et original, qui procure beaucoup de bonheur et de plaisir.
J'en veux pour preuve les applaudissements nourris et en cadence qui ont salué hier les trois artistes. (Les deux rappels, les interprétations d'un titre de Queen et du groupe funk Earth Wind and Fire, sont éblouissants )
Un grand bravo, Mesdemoiselles !

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