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Azor

© Photo Y.P. -

© Photo Y.P. -

Le commissaire est bon amant.
C'est en tout cas ce que semblent penser les trois demoiselles qui vont toutes tomber raides-dingues du nouveau commissaire de police de Neuilly, surnommé Azor par ses hommes.


Il y a la fille du ministre de la justice, une femme mariée et la gigolette du célèbre malfrat Kiki-La-Frisette.
Après avoir dû s'enrôler dans la bande de ce dernier, Azor devra se démener comme un beau diable pour se dépêtrer de nombreuses et désopilantes péripéties pour pouvoir enfin tomber dans les bras de celle qu'il aime vraiment.


Le jazzman Emmanuel Bex a eu la bonne idée de sortir de l'oubli cette opérette composée en 1932 par Gaston Gabaroche, sur un livret de Albert Willemetz.


Le musicien, talentueux organiste, s'était déjà aventuré dans l'univers du théâtre musical en compagnie de David Lescot pour « la chose commune », ce spectacle consacré à l'épopée de la Commune de Paris.


Ici, il a voulu dépoussiérer cette œuvre pour en faire une véritable comédie musicale, à la croisée de nombreux chemins artistiques.


Nous assistons à un grand moment burlesque, à une pochade mêlant le vaudeville, le jazz, la Comédia dell'Arte, la danse, la chanson, la bossa-nova, sans oublier le psychédélisme des seventies.


Vous l'avez compris, c'est un spectacle à la fois déjanté, hilarant, foisonnnant, qui nous est donné, avec de grands moments comiques, une fois passé le premier quart d'heure consacré à l'exposition de l'intrigue et la présentation des personnages.
Après ces quinze premières minutes, pour dépoter, ça va dépoter.


La mise en scène de Stéphan Druet crée pour notre plus grand plaisir un tourbillon drôlissime sur la scène de l'Athénée. 
De vraies situations de comédie, des chansons habilement arrangées par Bex, les codes du vaudeville poussés dans leurs derniers retranchements, des dialogues et des textes aux petits oignons, une excellente prise de son, tout concourt à faire fonctionner à plein régime nos zygomatiques.


L'action a donc été déplacée dans les années 70, ce qui permet au trio Orgue-Batterie-Guitare électrique de trouver sa pleine justification.
Nous aurons de plus le bonheur d'écouter une superbe version de « More over » de Janis Joplin, chantée par Fany Fourquez.
Les musiciens se déchaînent alors. Emmanuel Bex fait rugir son orgue Hammond, mettant à rude épreuve le rotor de sa cabine Leslie. Un régal !

 

Les comédiens-chanteurs-danseurs de la compagnie Quand on est Trois sont tous remarquables et vont s'en donner à cœur joie.
On sent bien qu'ils sont tous très investis. Un bel esprit de troupe se ressent, une vraie cohérence vocale règne en permanence, avec de grands moments vocaux.

Ils ne nous laissent pas un seul moment de répit.

Quentin Gibelin est Azor, avec des faux airs de Pierre Niney. Le comédien est omniprésent, et se dépense sans compter. Il est parfait en fonctionnaire-poète dépassé et malmené par les événements.

Pierre Méchanik est un irrésistible et parfois surréaliste Steinkopf, Gilles Bugeaud campe trois personnages plus hauts en couleur les uns que les autres, Emmanuelle Goizé est notamment une formidable Claudine.
Ces trois-là nous avaient déjà ravis avec deux précédents spectacles très swings, "Ta bouche", et "Oh là là oui oui".

Estelle Kaike est un policier très particulier et une « ministresse » très prout-prout et très bling-bling.

Il faut noter également que Kiki-la-Frisette est interprété par Antonin Fresson qui assure également la partie de guitare électrique. Chapeau !

Durant ces deux heures, nous serons également mis à contribution pour swinguer !

C'est donc un vrai vent de douce folie, contagieuse et hilarante qui s'abat sur le plateau de l'Athénée.
Voici un spectacle musical passionnant et indispensable en ces temps de morosité !
On ressort totalement ravis, en fredonnant quelques phrases musicales glanées ici et là.

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