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Pierre et le loup

(c) Photo Y.P. -

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En avant le moujik !


Après l'ouverture du rideau nous faisant découvrir déjà installés les dix-huit musiciens de l'orchestre Est-Ouest, dirigés par Luc Dewez, c'est en effet dans une magnifique blouse des petits paysans du temps des Tsars que le récitant du jour apparaît côté cour.


Ce récitant n'est autre qu'Alex Vizorek, comédien, humoriste, animateur radio, véritable homme-orchestre que je qualifierais bien de véritable couteau suisse de l'audio-visuel et du spectacle, s'il n'était de nationalité belge.


En tout cas, ces jours-ci, au Comedia, c'est en fier boyard qu'il nous propose de nous replonger dans ce magnifique conte musical écrit pour un petit orchestre symphonique par Sergeï Prokofiev en 1936, juste après son retour en URSS.


On le sait, deux parties composent généralement la représentation de cette oeuvre musicale.


Dans la première, il s'agit de présenter les instruments qui incarnent les différents personnages de l'histoire, leur tempérament, leurs particularités.
Bien entendu, avec Vizorek, il fallait bien s'attendre à quelques facéties (très drôles au demeurant) !


C'est ainsi que cette présentation va être source d'interactions avec les musiciens et avec Karo Pauwels, qui illustre en direct le conte.
Quiproquo sur certains termes, (les grosses caisses, le basset/basson...), interventions intempestives et répétitives des cors, j'en passe et des meilleures.


Alex Vizorek ne résiste pas au plaisir de glisser une vanne au moment de la présentation des chasseurs, une vanne qui passe peut-être au dessus des petites têtes plus ou moins blondes, mais qui ravit les adultes, et en tout cas votre serviteur : le comédien nous assure qu'il s'agit d'excellents chasseurs sachant très bien faire la différence entre......
Eh ! Oh ! Vous ne pensez tout de même pas que je vais vous dévoiler la substantifique moelle de cette plaisanterie très d'actualité ! Allez donc au Comedia !


Une fois les présentations faites, l'histoire peut démarrer.

L'orchestre, un peu « vert » au début, prend ensuite de l'assurance. Luc Dewez maîtrise ses troupes, et la réduction à dix-huit musiciens sonne de bien belle manière.


Et je reviens à la dessinatrice Karo Pauwels.
En coulisse (elle n'est malheureusement pas sur le plateau à proprement parler), Melle Pauwels va donner corps graphique aux mots d'Alex Vizorek.


A pinceau et à l'aquarelle, ou bien à la pointe feutre très fine, sur des cartons déjà préparés, et parfois avec le renfort d'une légère animation video, elle met en mouvement Pierre, son grand-père, et toute la ménagerie imaginée par Prokoviev.

J'ai particulièrement apprécié la séquence d'arrivée du loup.
Sur un carton très sombre, dans les tons gris foncés, la tête du loup apparaît côté gauche, en très gros plan, avec d'immenses dents. Le corps du loup va glisser très doucement, de gauche à droite, toujours en très gros plan, à la manière du requin de Spielberg dans Les Dents de la Mer.
L'effet est très réussi, et fonctionne à 100%. Les petits spectateurs retiennent leur souffle ! On entendait les mouches voler !

L'histoire se déroule de fort jolie manière pour arriver à la conclusion, cette marche triomphale qui signifie la victoire sur le loup.

Ces quarante minutes de musique ont procuré bien du plaisir aux petits et aux grands.
Que demander de plus, je vous le demande un peu ?

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