Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les bijoux de famille

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

A peine arrivé sur scène que Laurent Spievogel met déjà le voile !


C'est en effet affublé d'une espèce de rideau en tulle blanc sur les épaules qu'il apparaît afin de nous présenter sa famille et les personnages qu'il a croisés.


Ces Bijoux de famille, c'est peut-être le one-man-show le plus autobiographique du comédien.
Et de rentrer immédiatement dans un sujet qu'il connaît bien. Avec un personnage qui lui est on ne peut plus familier, justement.


Lui, tout petit, il aurait bien voulu être elle. Lui se précipitait sur les robes et les chaussures à talon de sa mère et de sa grand-mère, au grand déplaisir du père, afin de chanter en play-back les titres les plus fameux de Marlène Dietrich.


Laurent Spielvogel nous raconte également ses proches, ses rencontres.
De multiples rencontres. Surtout dans le Marais.


Son écriture est un modèle du genre, fine, pointue, ciselée, parfois acérée, toujours drôle, très drôle.

Oui, nous allons beaucoup rire.


Les personnages qu'il va interpréter devant nous ne peuvent laisser personne de marbre.
Des hommes, des femmes, des goyim, des hétéros (pas beaucoup...), des homos, des juifs, des homos juifs, des jeunes, des vieux...


En vingt tableaux (et dix-huit carats, aime-t-il préciser), c'est une inénarrable galerie qu'il nous fait découvrir.


Le comédien, comme à l'accoutumée, m'a fasciné.
De son visage si caractéristique, si expressif, (oui, Laurent Spielvogel possède une vraie gueule, même que c'est de plus en plus rare, les comédiens avec une vraie gueule...), il m'a fait rire aux éclats.


De grands moments nous sont offerts !
La famille du petit Laurent est caricaturée tendrement ou férocement, sans concession. Est-ce bien une caricature, d'ailleurs...
Sous le rire, on sent bien les failles, les fragilités des personnages.
On perçoit les non-dits, les névroses, les problèmes de chacun.


Mis en scène par Jérôme Sanchez, Spielvogel excelle à camper ces personnages hauts en couleur que sont ce rabbin chargé de le préparer pour sa Bar Mitzvah, on encore sa mère, sa grand-mère, sa femme de ménage, deux concierges plus vraies que nature qu'il n'a pas pu complètement inventer, le « masseur » Marco, le couple Jean-Gérard et Jean-Philippe, j'en passe et non des moindres.


Sans jamais en rajouter inutilement, le comédien joue tout en finesse et en subtilité, faisant mouche à tous les coups.


Prenant de multiples accents (oï, oï, oï...), avec des mimiques impayables elles aussi drôlissimes, il devient véritablement celles et ceux dont il brosse le portrait.


A ce titre, le « duo croisé » entre Sylvie Vartan et Barbara, dans lequel les deux chanteuses interprètent le répertoire de l'autre, ce duo-là est à se rouler par terre.


Bien entendu, Laurent Spielvogel se moque de ses proches, des figures qu'il a rencontrées, mais il se moque également de lui-même.

N'est-ce pas « La Spiel » et sa calvitie ?

Cerise sur la gâteau, il reviendra après les saluts avec un portait délirant d'une attachée de presse (la meilleuuuure de Paris, qui tutoie Vanessaaaaa, Jean, Géraaaaard ou Catheriiiiiine). Bien entendu, tous ceux qui côtoient un tant soit peu le milieu cinématographique hexagonal auront reconnu... (Oui, mais non, je vous laisse découvrir par vous-mêmes...)

C'est spectacle d'une délicatesse ravageuse, d'un humour tendre et féroce à la fois, porteur d'un énorme éclat de rire.

Un rire nécessaire, sain et salutaire.
On sort du théâtre de l'Archipel, avec en tête des personnages inoubliables.
Ce spectacle en est un véritable, de bijou !

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article