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L'ordre des choses

(c) Photo Y.P. -

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Autant vous l'avouer tout de suite, je suis un fan absolu de Gérard Darmon !


Darmon fait partie de ces rares comédiens qui m'enchanteraient rien qu'en me lisant l'annuaire inversé des entrepreneurs de pompes funèbres seine-et-marnais.
Il y en a très peu, de ces comédiens de cette trempe-là.


Darmon, j'ai eu la chance, voici quelques années quand même, de le voir un soir sur les planches du café-théâtre.
J'ai bien entendu suivi sa carrière cinématographique, Hanin, Beineix, Lelouch, Les Nuls, et tant d'autres.....
Je ne rate aucune de ses apparitions dans le Burger Quizz d'Alain Chabat.


Dans son image de grognon, de grand bougon, de sempiternel bourru, il me plonge à chaque fois dans une félicité jamais démentie.


Et puis, il y a le comédien de théâtre !
Ici, encore une fois, l'inoubliable interprète de la Carioca va nous faire hurler de rire !
Oui, j'avais les larmes aux yeux à le voir jouer la comédie.


Ce qu'il fait est absolument hi-la-rant !
Quel métier, quel charisme, quelle prestance, quelle vis comica, quelle puissance comique !


Ses ruptures, ses double-takes, ses changements de ton, de voix, d'expressions faciales, ses mimiques, ses regards (Ah ! Ces yeux plissés...) sont autant d'instants de théâtre jubilatoires.


De grands moments de jeu vont en effet émailler la pièce de Marc Fayet.
Une pièce, qui, mine de rien, va aborder bien des questions éthiques et philosophiques relatives à la paternité et à la procréation.


Lorsque Gérard Darmon fait évoquer à son personnage avec une mauvaise foi consumée la maladie qui l'aurait soi-disant rendu stérile à trente-deux ans, lorsqu'il en vient à convoquer l'enseigne Picard et ses célèbres surgelés, lorsqu'il exécute le running-gag du téléphone portable dans la poche arrière de son jean, quand il nous révèle le pourquoi-comment de son étrange démarche finale, il provoque le fou-rire de toute la salle.


Pour donner la réplique à un tel acteur, il fallait en trouver deux autres qui soient vraiment à la hauteur.
Pascale Louange et Vincent Desagnat sont ces deux-là, qui eux aussi auront leurs grands moments.
Le trio est très cohérent, on ne peut plus crédible.

On sent une véritable osmose entre ces trois-là.


La mise en scène de Richard Berry est efficace et va à l'essentiel.
Il faut noter cette bonne idée qu'il a eue de souvent nous montrer M. Darmon de profil. Les expressions caractéristiques de son visage prennent alors toute leur force et leur dimension comique.

Voici donc une vraie comédie qui procure un vrai moment de bonheur à un public venu prendre du plaisir.
Cette pièce, sans vulgarité aucune, sans effets faciles tellement à la mode, nous délivre un vrai rire sains et intelligent.
J'aime aussi ce théâtre-là !

Il me faut mentionner la très belle scénographie de Philippe Chiffre, un magnifique appartement comportant énormément de références à la rock culture américaine.

Dans le dernier acte de sa pièce, Marc Fayet fait dire à son héros « Des comme moi, y'en a pas des masses ! »
Bien entendu, l'auteur nous fait comprendre qu'il s'adresse directement à son comédien.
Des comme Gérard Darmon, y'en a pas des masses !

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