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Hard

(c) photo Y.P. -

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Modérer ses hardeurs ?

Ceci peut se révéler très problématique...


C'est ce que vont constater les personnages de cette pièce, adaptée de la série TV éponyme par Bruno Gaccio, l'auteur historique des Guignols de l'info de la grande époque.


Alexandre vient de passer l'arme à gauche.
Sa femme pensait qu'il dirigeait une entreprise de transport. C'était en fait un producteur de films pornos.
Tout le monde le savait (y compris et surtout la belle-mère), sauf cette épouse-là.


Elle découvre le pot-aux-roses... Le poteau rose ?
Elle fait surtout connaissance avec la star maison, en la personne de Roy Lapoutre, qui est à la pornographie ce que Mikhaïl Kalachnikov fut à l'industrie du fusil-mitrailleur.
Un « maître-étalon », en quelque sorte.

Et ce qui devait arriver arrive... Je vous laisse découvrir.


Gaccio s'en est donné à cœur joie !
Ce spectacle, qui n'est jamais vulgaire, va regorger d'obscénités, dont l'accumulation deviendra hilarante.
Une grande différence existe entre la vulgarité et l'obscénité. Il ne faut jamais confondre.
Ici, on appelle un chat un chat. (On remarquera que je n'emploie pas à dessein le féminin du dernier substantif...)
Tous les codes propres au porno seront sur scène, les costumes, les accessoires, et surtout le corpus lexical. On parlera donc allègrement de sodomie, de fist-fucking, d'éjac faciale, de triple-péné, j'en passe et non des moindres...


Parce que la pornographie, c'est un métier. Avec son lexique.
Reprocherait-on à un garagiste de parler de joint de culasse mal enfilé, de piston grippé ou encore de manque de lubrifiant ?
Je vous le demande un peu !


Cet empilement de termes « techniques », mêlé à de vraies situations de comédie, va produire un décalage qui tirera les fou-rires des spectateurs.

 

Parmi la brochette d'excellents comédiens, trois ont particulièrement retenu mon attention.
Nicole Croisille, en belle-mère totalement décomplexée, proférant les pires grossièretés de sa voix reconnaissable entre toutes, avec qui plus est un sérieux consommé, c'est quelque chose !
Je pourrai désormais dire : « J'aurai vu ça dans ma vie ! »... Elle est formidable !


Stéphane Wojtowicz est quant à lui un producteur de X, tout de cuir habillé, et revenu de bien des aventures dans ce milieu.

Le comédien est lui aussi magnifique , notamment en lisant au public des scénarii (enfin, des scénarii... je me comprends...) très spécialisés.
Ses regards de chien battu, son ton désabusé, ses intonations désespérées sont épatants.

Vers la fin de la pièce, un trop court dialogue sur un banc entre les deux sus-nommés m'a fait penser à du Audiard.
Le « Tu racontes bien ! » de Melle Croisille à M. Wojtowicz relève ce cette veine-là.

 

Charlie Dupont est impayable en hardeur hispanisant, à l'accent ibère à couper au couteau !
Sa scène devant le rideau est phénoménale.


Le couple vedette est interprété par les irréprochables Claire Borotra et François Vincentelli.


Le metteur en scène Nicolas Briançon s'en est donc lui aussi donné à cœur joie.
Tout ça est très enlevé, très énergique, allant en permanence à l'essentiel.
Le trait est forcé, mais c'est précisément ce qui fonctionne.
Les différents tableaux s'enchaînent à vive allure, toute la salle devient le terrain de jeu des comédiens.
Sans avoir l'air d'y toucher, la direction d'acteurs est exigeante et précise.
C'est de la belle ouvrage.

Le public rira énormément, on sent que le sujet interpelle...
Les spectateurs de ce boulevard efficace ne boudent pas leur plaisir. Que demander de plus ?

Ah ! Une dernière chose...
L'adaptateur a glissé une vanne sur le décès d'un hamster qui m'a fait hurler de rire !
Du grand Bruno Gaccio !


Et puis, Puccini et sa Turandot sont de la partou.... euh...de la partie ! Alors hein...

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