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1830 Tout commence...

(c) Photo Y.P. -

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George, Victor, Honoré.... Et les autres ?


Les autres, ce sont les spectateurs, qui, grâce à Manon Montel, auteure et metteure en scène de ce spectacle « 1830 Tout commence », vont pouvoir réaliser un rêve cher à tout amateur de littérature du XIXème siècle.


Ce rêve, c'est d'assister à la rencontre de trois monstres sacrés. Sand, Hugo, Balzac.
Avec ses deux comédiens, Thomas Marceul et Stéphane Dauch, elle va nous donner à voir, à entendre les mots et la correspondance de ces auteurs-phares.


Ca, c'est l'une des forces du théâtre : rien n'est moins certain en effet qu'une telle rencontre entre les trois ait matériellement et historiquement eu lieu. Deux par deux, oui, mais les trois ensemble, non. 80% du spectacle est historique, les 20% restants ont été agencés par l'auteure.
 

Nous assisterons à plusieurs rencontres, même !
En effet, la pièce débute en 1830. C'est la bataille d'Hernani.
Elle se terminera à la mort de Victor Hugo, en 1885.
Un peu plus d'un demi-siècle, donc, dans cette incroyable période historique !


Melle Montel a habilement entremêlé des passages épistolaires et des morceaux choisis emblématiques des trois écrivains. (Je n'en dirai évidemment pas plus.)
Chacun va représenter le mot en « isme » qui lui est généralement attribué. Sand le féminisme, Hugo le romantisme et Balzac le réalisme.
Un quatrième concept les réunira, malgré toutes leurs différences, et elles sont nombreuses : l'humanisme !


Deux questions vont en outre être évoquées de bien belle façon.
La première abordera les rapports entre la littérature, la politique et l'amour, avec en filigrane la place de l'auteur dans la société.
Et puis nous sera posée la question de la dualité homme (femme) public (publique) et individu. Bien entendu, ce interrogation fondamentale concerne tout artiste et donc tout comédien.


Manon Montel est George Sand.
Elle apparaîtra en chemisier blanc à dentelles, et en pantalon noir à pinces très strict.
Immédiatement, ce costume nous en dit énormément sur les engagements et les combats du personnage.
D'une voix claire et assurée, militante, elle nous fera partager les positions féministes de Sand. Elle sera souvent très émouvante, notamment lorsqu'elle évoquera la fille de l'écrivaine.

Thomas Marceul est le grand Victor.
Le comédien sait nous dire le romantisme du Père Hugo, ainsi que la volonté politique, l'altruisme et l'engagement du père des Misérables. Sa composition est toute en nuances, décrivant parfaitement l'évolution hugolienne en matière politique.

Stéphane Dauch incarne donc le troisième, Balzac.
Un Balzac totalement immodeste, assez imbu de lui-même dans sa robe de chambre pourpre, mais passant souvent à côté de bien des entreprises, comme la politique et surtout le théâtre. (Qui a déjà lu ou assisté à une pièce d'Honoré de Balzac ? Pas moi, en tout cas...)
Le comédien est par moment flamboyant, déployant une sacrée énergie, et faisant de son personnage quelqu'un de très haut en couleurs.

Les chamailleries littéraires et politiques entre les deux géants seront évoquées de façon jubilatoire.
Entre les trois comédiens, les contrastes des personnages vont déboucher sur très belle cohérence, une totale osmose.
C'est un régal de voir jouer ces trois-là. (Ne manquez pas également de regarder celui ou celle qui ne parle pas...)

Ce spectacle, notamment grâce à la grande culture et à l'habileté dramaturgique de l'auteure Manon Montel, nous permet de nous transformer pour notre plus grand plaisir en petites souris assistant aux échanges de trois génies. De grands moments historiques et littéraires défilent devant nos yeux.

Je vous recommande vivement ces passionnantes soixante-quinze minutes de très beau théâtre.

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