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14 juillet

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Mais c'est quoi ce spectacle ?


Bon, autant le dire tout de suite, on sait surtout ce que n'est pas ce spectacle.
Oui, parce que ça aurait dû être une grosse production sur le monde de la paysannerie, avec du foin sur la scène, une vache et un cochon (en alternance), une trayeuse électrique (un "triolet") ...


Et puis non.
En raison de multiples péripéties, ce sera un spectacle sur la prise de parole en entreprise. Une conférence pour apprendre aux ouvriers à affronter leur supérieur hiérarchique.


Oui mais non. Ce sera autre chose.
Ce sera un biopic sur le gars Jacky qui après avoir dû quitter son village normand pour cause de soufflette herbeuse, revient dans celui-ci auréolé de gloire théâtrale et artistique.

 

Non plus.
Vous l'aurez compris, le ton de ce que va nous proposer Fabrice Adde est celui de l'absurde, du loufoque, du surréalisme.
Le comédien va nous emmener loin. Très loin.


Dans une espèce de folie auto-contrôlée, dans laquelle va s'opérer une sacrée mise en abyme.


Ce sera un type qui a décidé de faire l'acteur. Ce sera quelqu'un qui va se servir de sa propre biographie pour porter haut et fort une déclaration d'amour.
Ce spectacle, c'est une ode au théâtre, au métier de comédien, ce job pas comme les autres qui consiste à se planter devant les gens. Et donner. Encore et toujours donner.


Avec des accents à la Albert Dupontel, Fabrice Adde va nous plonger dans un vertigineux maelström à la fois tout en drôlerie, lucide, déjanté, contrôlé, délicat, féroce, tendre ou vachard.


Tout va y passer.
Les écoles de comédiens, les metteurs en scène, les scénographes, les régisseurs qui sont « des gens fidèles contrairement aux artistes », les auteurs, Claudel, Freud, Saint-Exupéry...


Sont invités Isabelle Adjani et sa terre glaise, Phil Barney et son enfant de toi, Jean-Claude Brialy et ses petits bouts de pain, Jean-Michel Ribes et son pull-over parme...


Nous seront évoqués une mère très peu encline à voir son rejeton faire l'acteur, un traître de metteur en scène (n'est-ce pas, Olivier Lopez...), et bien d'autres personnages.


Fabrice Adde s'en est donné à cœur joie.
Dans ce rôle de clown plus ou moins triste mais toujours très drôle, il va multiplier les situations surréalistes.
Avec un sacré métier d'amuseur public, avec moult ruptures jubilatoires, quantité de brusques silences laissant en suspens une absurdité précédente pour mieux nous la faire déguster, il interprète avec virtuosité ce type qui ose, qui tente, qui rate et qui insiste.


Avec une énergie folle, doté d'un humour noir, très noir qui appuie là où ça fait mal, il dézingue les idées reçues, les poncifs, les clichés.


C'est un bonheur de le voir, très pince sans rire, raconter, dire, hurler, déclamer, chanter, lire...
Les spectateurs sont interpelés, provoqués, ceux du premier rang participent activement.
Votre serviteur peut en témoigner !


Des accessoires seront utilisés de façon complètement burlesque, un rétro-projecteur, un radiateur, Roland...


On sent bien que le séjour de M. Adde en Belgique à côtoyer des comédiens magnifiques et noblement fous, ce séjour au conservatoire royal d'art dramatique de Liège a laissé des traces.
Oui, il y a une vraie et noble folie belge !


Bon alors, c'est quoi, ce spectacle ?


C'est un cri. Un cri d'amour qui se termine par une magnifique déclaration.
Par les trois plus jolis mots de la langue française.

Et sinon, alors, pourquoi « 14 juillet » ?
C'est en raison d'une moule-frites party.

Allez donc faire un tour au Rond-Point voir ce spectacle étonnant, insolite, drôlissime et qui vous pète à la figure.

(c) Photo Théâtre du Rond-Point -

(c) Photo Théâtre du Rond-Point -

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