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Signé Dumas

(c) Photo Y.P. -

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Un pour tous, tous pour deux !


Ces deux en question ne sont pas n'importe qui !
Ces deux-là forment peut-être le couple le plus étonnant et détonnant de la littérature française.
Alexandre Dumas. Auguste Maquet.

 

L'auteur métis et l'écrivain-nègre.
Deux hommes de lettres dont l'association intellectuelle va produire les chefs-d'oeuvre que l'on sait.


Seulement voilà, le fonctionnement de ce couple va engendrer bien des questions.
Ces questions, les auteurs Cyril Gély et Eric Rouquette les posent, au cours de ce face à face tendu entre les deux hommes.


La relation pour le moins extra-ordinaire entre Dumas et Maquet va être révélée de bien subtile façon.


C'est l'Histoire de France, avec l'abdication de Louis-Philippe, qui va déclencher par l'intermédiaire d'un simple maréchal des logis l'exposition au grand jour des non-dits et des conflits intérieurs entre ces deux-là.
Ce sera le début d'un grand déballage, auquel nous allons assister pour notre plus grand plaisir.
Les vérités seront assénées, de part et d'autre, et pas toujours bonnes à entendre.


Qui a écrit quoi, qui est l'auteur de quoi, quid de la propriété intellectuelle ?
Ces deux hommes pourraient-ils vivre l'un sans l'autre ?
Cette double dépendance, cette attirance-répulsion ne seraient-elles pas le moteur de la création des plus grands romans de la littérature populaire française ?


Le metteur en scène Tristan Petitgirard a misé sur les contrastes entre les deux hommes et leur caractère.
L'un est habillé en blanc, l'autre est entièrement vêtu de noir.
L'un est fort expansif, exubérant, charismatique, extraverti, l'autre sera plus réservé, plus intérieur.
Les différences morphologiques des deux comédiens seront également habilement exploitées.
Une grande tension résultera de ces contrastes.


Xavier Lemaire est Dumas. La ressemblance avec les photos connues de l'écrivain est assez troublante.
Le comédien est un sacré gaillard, avec une sacrée stature !
Sur le plateau, il joue le fort en gueule, le braillard, le paillard. (On imagine bien d'où provient la paille dans ses cheveux, lorsqu'il pénètre sur la scène.)
On pense évidemment à Porthos, le bon géant.
Le comédien joue à merveille la mauvaise foi, l'exagération, la vantardise. Une tornade parcourt le plateau !


Et puis, il y a Davy Sardou.
Le remarquable Davy Sardou !


C'est lui qui a la partition la plus délicate, la plus complexe.
Il va faire de son personnage, au départ humilié, relégué au rang de souffre-douleur et d'esclave littéraire, un homme révolté qui aspire à se libérer de son joug, tout ceci de façon on ne peut plus subtile. La progression dans son jeu est épatante.


Davy Sardou exprime à merveille les deux versants de son Maquet, le dépendant qui ose se rebeller.
Cette révolte durera-t-elle ? Je ne répondrai évidemment pas à cette question.

 

On pourra peut-être faire remarquer un peu trop de nombreuses « engueulades » entre les deux, toutes sur le même niveau sonore. C'est bien entendu un détail...

Il faut mentionner également Thomas Sagols, épatant dans le rôle du troufion catalyseur de la dramaturgie.

C'est donc au final une bien belle réussite artistique qui pose avec une grande finesse un regard sur une confrontation humaine et littéraire.
Je vous engage fortement à aller assister aux déboires du couple Dumas-Maquet et aller applaudir vivement le couple Lemaire-Sardou.
Qu'on se le dise !

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