Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le potentiel érotique de ma femme

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

« Collectionneurs d'objets inanimés, avez-vous donc une âme ?», aurait écrit le grand Lamartine, s'il avait lu le roman de David Foenkinos « Le potentiel érotique de ma femme », et surtout, s'il en avait vu la délicieuse et très joyeuse adaptation scénique qu'en a tiré Sophie Accard !


C'est en effet la question que l'on est en droit de se poser à propos de ce Hector, qui collectionne tellement tout et n'importe quoi qu'il en occulte toute vie sociale et affective.

Bien entendu, ce manque d'âme altruiste le rend fort malheureux !


Qu'à cela ne tienne ! Prenant le taureau par les cornes, il parvient à se désintoxiquer, notamment en étant atteint par la flèche de Cupidon.

 

Mais voilà... C'était compter sans le potentiel érotique de sa femme Brigitte, elle-même accro à une certaine activité ménagère que je vous laisse le soin et la joie de découvrir.


Sophie Accard a donc réussi une réjouissante adaptation du roman de Foenkinos.


Sur le plateau, c'est un mélange d'Amélie Poulain et de la grande famille des Deschiens.
Un narrateur est chargé de présenter des personnages plus ou moins loufoques, drôles, avec leurs qualités, leurs défauts, leurs particularités, leurs tics, un peu comme le faisait la voix off dans le film de Jeunet.

 

Ces personnages, et c'est la réussite principale à la fois du roman et de l'entreprise dramaturgique, ces personnages sont on ne peut plus hilarants, certes, dépeints avec une minutie et précision drôlatiques, mais ils sont également touchants, attachants.
La metteure en scène a eu pleinement raison d'en faire des figures à la Jérôme Deschamps et Macha Makeieff.

On rit de bout en bout, mais ce rire n'est jamais moqueur.

 

Les situations, les formules ciselées de l'auteur (vous n'ignorerez plus rien des dictons croates, des héros suisses, j'en passe et non des moindres...), sans oublier la réelle et incontestable vis comica des six comédiens, tout ceci concourt à cette réussite.


Léonard Prain est ce narrateur, imperturbable, omniprésent, pince-sans-rire. Je lui tire sincèrement mon chapeau pour ne pas éclater de rire à chaque facétie provoquée par ses camarades !


Léonard Boissier est Hector (il s'est habilement fait la tête de l'auteur), et Sophie Accard elle-même interprète Brigitte. Le couple fonctionne à la perfection. Leur étonnante relation, basée sur le plus ou moins non-dit fantasmatique éclatera au grand-jour pour notre plus grand plaisir, avec les développements associés.


Et puis, il y a les trois autres, qui déclenchent les fou-rires nourris de la salle.

Anaïs Merienne, Jacques Dupont, moustachu ou non, et l'ineffable Benjamin Lhommas, changeant tous de costume à la vitesse lumière en coulisse, sont inénarrables de drôlerie !
Mais qu'est-ce qu'ils m'ont fait rire, leurs Géraldine, Marcel, leurs cycliste à la casquette Molteni et au maillot à pois, collectionneuse anonyme, docteur aux sucettes rondes, et j'en oublie !

 

Je n'aurai garde d'oublier un élément qui contribue également à la réussite éclatante de cette entreprise artistique, je veux parler de la musique composée par Cascadeur, ce musicien « anonyme » jouant avec un casque d'aviateur sur la tête et en combinaison de vol blanche.
Ses nappes synthétiques, ses envolées de piano éthéré accompagnent bien joliment ces quatre-vingts minutes. (Un clin d'oeil : le "dossier Longo" évoqué dans la pièce... Comprenne qui peut, comprenne qui veut...)


On l'aura compris, Sophie Accard et les membres de la compagnies C'est-Pas-du-Jeu nous proposent donc un jubilatoire moment de théâtre à déguster sans modération et sans retenue.

 

Au sortir de la salle, un couple se proposait d'aller tester eux aussi un certain potentiel érotique.
M'est avis que ces jours-ci, le chiffre d'affaires de la société « Ajax-vitres » pourrait bien connaître un sacré développement !

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article