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Fric-frac

(c) Photo Y.P. -

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Les caves que nous sommes avions calté dare-dare au théâtre de Paname, celui qui crèche rue Blanche, dans l'neuvième !


Gaffe ! L'oseille, le flouze, l'artiche, la maille, les picaillons, le grisbi, quoi, vient à manquer et pas qu'un peu à la môme Loulou qu'a son Tintin en cabane, et à son pote Jo les bras coupés.
Va falloir embarquer malgré-lui l'Marcel dans une combine, un fric-frac chez l'père Mercandieu.
Mais si, quoi, Mercandieu, l'bijoutier... Le dabe à la Renée, celle qu'a l'envie pressante de voir le loup...
Pigé, les gonzes ?

 

Tel est en gros le sujet de la pièce d'Edouard Bourdet, une pièce créée en 1936, l'année même où il devenait Administrateur de la Comédie française. (Pour mémoire, il sera démis de ses fonctions en 1940, par l'occupant nazi...)

Une plongée dans le Paris de l'argot et des petites frappes.

Michel Fau a donc choisi de mettre en scène cette pièce dont la première distribution était notamment composée d'Arletty et de Michel Simon.
Excusez du peu !

Fau n'a pas voulu prendre de risques.
Sa mise en scène est assez statique, les comédiens sont souvent alignés. On aurait pu penser à davantage de rythme, d'allant. Tout ceci est assez sage. Trop ?
Fidèle à son habitude, ses comédiens sont la plupart du temps face au public, ne se regardant pas forcément lorsqu'ils sont sensés dialoguer entre eux.
Il faut aimer.

Des comédiens qui restent dans leur zone de confort.
Fau fait du Fau, Julie Depardieu fait du Julie Depardieu, (elle abandonne d'ailleurs très vite son accent traînant parigot), et surtout, Laspalès fait du Laspalès. (On attend le « C'est vous qui voyez ! », qui ne vient évidemment pas.)

C'est Emeline Bayart qui déclenche l'hilarité !
Elle est excellente dans ce rôle de Renée.
Ses regards tantôt affolés, tantôt menaçants, ses ruptures, ses cris, ses râles sont jubilatoires.
Ce qu'elle fait de sa partition est drôlissime.
C'est d'ailleurs elle qui vient saluer en premier, devant le rideau.
Le public ne s'y trompe pas, qui l'applaudit à tout rompre.

Les décors de Bernard Fau et Citronelle Dufay sont de belle facture, composés d'éléments en perspective forcée, aux couleurs pétantes, voire fluorescentes. (On se croirait parfois dans un magasin Desigual...)

On notera dès l'ouverture, et entre les actes, la musique d'un certain... Igor Stravinsky.

Bon alors, c'est rentré dans votre ciboulot, tout ça, les caves ?

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