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Parents modèles

(c) Photo Y.P. -

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Vous avez dit comédie à réalité augmentée ?
Moi, je dirais surtout comédie irrésistiblement drôle !


Je me suis régalé à suivre les nouvelles aventures de Simon et Camille, que l'on connaît depuis qu'ils ont fêté précédemment leur divorce, déjà sous la plume d'Alain Chapuis.
Cette fois-ci, nous allons assister aux tribulations de toute la famille, composée d'éléments plus farfelus et déjantés les uns que les autres.


Alain Chapuis et Marie Blanche ont appliqué à la lettre le célèbre parti-pris de sir Alec Guiness dans Noblesse oblige : ils vont interpréter tous les personnages.
A eux deux, ils vont incarner les quinze personnages on ne peut plus loufoques, dans des situations confinant parfois au surréalisme, tellement elles sont délirantes.


Dans une douzaine de tableaux, séparés par des noirs-plateau, nous allons faire la connaissance de tous les membres de la famille, du propriétaire véreux de l'appartement, de sa secrétaire, du couple de gardiens-concierges, d'un berger gascon, sans oublier une ex plus ou moins nympho...


Les deux comédiens ont une sacré vis comica !
J'ai beaucoup ri à les voir incarner ces personnages certes caricaturaux, mais finalement très attachants.

 

Ma préférence est allée au grand-père stéphanois.
Alain Chapuis, qui connaît bien la région, prend alors un formidable accent traînant.
Une autre de ses compositions, un berger du sud-ouest, en houppelande et béret, est drôlissime. (On croirait entendre parler le député Jean Lassalle ! ).
Marie Blanche, en belle-mère en proie à Alzheimer, en secrétaire pas si godiche que ça est elle aussi épatante.


De nombreux traits d'esprit, de multiples vannes spirituelles parsèment le texte. Je ne citerai pêle-mêle que les poteaux carrés, le kazatchok creusois, la cuisson des nains (si si...), les prénoms de tragédie, j'en passe et non des moindres. Et je ne développerai évidemment pas, à vous de découvrir...
C'est vraiment drôle, jamais graveleux, jamais vulgaire.


Et puis, il y a la réalité augmentée !
Les deux comédiens utilisent un grand écran video représentant la cuisine de l'appartement, derrière lequel ils peuvent se glisser.
Des séquences pré-enregistrées prennent alors le relais, leur permettant alors de se « retrouver » dans cette cuisine.

C'en est même parfois troublant.


De devant de la scène, ils passent derrière l'écran, la séquence prend la suite (les costumes sont les mêmes), et ils en profitent pour changer de personnage en coulisses et revenir devant nous, ce qui fait que nous les voyons deux fois. En video et en chair et en os.


Cet exercice répété de nombreuses fois exige une vraie précision et une intense concentration de la part des comédiens. C'est une vraie mécanique fort réussie, un challenge et un défi à la fois techniques et scénographiques.


Le metteur en scène Philippe Riot, qui a également conçu ces séquences video est parvenu ainsi à démultiplier les actions, les situations et l'espace scénique. C'est vraiment de la belle ouvrage !


On notera également et mine de rien un bien joli discours humaniste concernant l'Etranger et le Migrant.


Cerise sur le gâteau, lors de cette quatrième représentation, nous avons eu droit à une véritable cascade de la part d'Alain Chapuis, aboutissant magistralement à la chute d'une toile de maître côté cour.
Bon, je ne suis pas certain que l'effet était prévu ou écrit, mais c'était hilarant.


J'ai donc passé un délicieux moment à rire de bon cœur.
Le rythme ne faiblit jamais, Alain Chapuis et Marie Blanche donnent sans compter. De la salle, on sent bien qu'ils s'amusent sur scène et s'en donnent à cœur joie. Certains rires entre eux ne trompent pas.
Une vraie comédie, à déguster sans modération !

 

Ah ! J'allais oublier !...
A l'issue de la représentation, grâce au petit speech post-applaudissements, vous saurez exactement la différence entre un tract et un flyer ! Là aussi, c'est très drôle !

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