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Marcus Miller

Photo Y.P. -

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Marcus was back !
Mister Miller était de retour au Festival Django Reinhardt, onzième date française de sa tournée de promotion du nouvel album « Laid Black ».

L'homme au chapeau noir poursuit donc son voyage aux confins du groove et du jazz.

Celui qui fit redécoller la carrière de Miles Davis va nous émerveiller une nouvelle fois.

 

Un concert de Marcus Miller est une expérience unique. Tous ceux qui sont venus l'écouter le savent.


Un groove profond, infernal, une capacité à faire chanter harmoniquement sa basse, transcendant la dimension simplement rythmique de l'instrument, un slap qui ressemble parfois à une rafale de fusil-mitrailleur et une virtuosité qui me fait dire à chaque fois que décidément, pour jouer de la sorte, ce type n'est pas humain !


Pour autant, la technique et cette virtuosité savent faire place lorsqu'il le faut à une espèce d'ascèse de la note, ce genre de note qui manquerait cruellement si elle n'était pas jouée exactement à sa place.


Que se soit avec sa Jazz Bass Sire ou sa fretless à cinq cordes, il excelle à insuffler à la fois une pulsation phénoménale et à faire chanter de subtiles et délicates mélodies.
Son visage, très expressif, accompagne ces mélodies et toutes les notes bleues qui y sont contenues.


Un bon exemple est cette reprise de « Papa was a Rolling Stone », des Temptations : il ouvre avec les six notes de la légendaire ligne de basse, pour ensuite nous embarquer dans une hallucinante et mélodique aventure très jazz.

Il faut préciser que ce titre incontournable de son set est perpétuellement réinterprété à chaque tournée. Pas le genre à jouer la même chose plusieurs fois, il sait se réinventer en permanence...

Les titres du nouvel album suivent, avec notamment « Trip trap » dans lequel il ouvre son style aux influences urbaines actuelles, le trap (comme le titre l'indique), le hip-hop et le R&B.


De plus, Marcus Miller sait aussi s'entourer !
Ses incroyablement talentueux jeunes musiciens assurent grave : Alex Han au sax alto, Russel Gunn à la trompette très davisienne, Brett Williams aux claviers.
Et puis surtout Alex Bailey aux drums, véritable métronome, qui assure une pulsation énorme, profonde, totalement complémentaire de la basse du patron.
Beaucoup de place leur est laissée. De somptueux chorus, ou de puissants accords des deux cuivres sont alors joués.

Ce sera ensuite « Hylife » le premier titre de l'avant dernier album, « Afrodeezia ». Ou quand le jazz rencontre encore et toujours l'Afrique.

Puis, Miller va rendre en Français (il maîtrise parfaitement la langue) un très émouvant hommage à son père décédé voici quatre mois.
Un papa qui a dû choisir entre tenter d'être musicien professionnel, ou nourrir sa famille, et de permettre ainsi au jeune Marcus âgé alors de 15 ans de devenir ce que lui n'a pu accomplir.


Marcus Miller enchaîne donc le titre « Preacher's Kid » à la clarinette basse, aux notes graves si soyeuses. (Il a commencé à apprendre à jouer de cet instrument, la clarinette, dès l'âge de 10 ans, avant la basse.)

Beaucoup d'émotion se dégagera de ce morceau d'inspiration très gospel.

Puis, ce sera une version très bossa nova de « Tutu », oui, oui, vous avez bien lu, bossa nova, avec la participation du public pour des hands claps qui rythment le tout. Votre serviteur avait alors mal aux mains...

Puis, il faudra se séparer, mais bien entendu, le rappel finira par arriver, devant l'insistance des fans.
Il s'agira de l'incontournable et tellement attendu « Blast ».

Tout au long de l'heure et demie, a régné sur le plateau une vraie joie, un vrai plaisir de jouer.
L'homme aime ce qu'il fait, il aime partager sa musique. C'est manifeste.
Le dialogue avec les musiciens est omniprésent, des échanges, des coups d'oeil, des rires, des plaisanteries.
Oui, certes, le show est très cadré, très professionnel, mais il règne un sentiment de liberté, de légèreté, de prise de risque dans les impros et de grand plaisir.
Pour moi, c'est exactement ça, l'essence du jazz.


Sébastien Vidal, l'animateur plateau et surtout le directeur artistique de ce festival (il occupe la même fonction à Nice, il est directeur d'antenne de TSF Jazz, directeur artistique au Duc des Lombards, etc, etc...) Sébastien Vidal qualifiera Marcus Miller de « Légende du Jazz ».
Mais comme il a raison !

Il ne vous reste que quatre dates en France pour aller voir et écouter cette légende-là et ses fabuleux musiciens :

Juan les Pins : le 19 juillet
Chambéry : le 20 juillet
Granville : le 27 juillet
Marciac : le 30 juillet

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