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Chance !

(c) Photo Y.P. -

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Il n'y a ni secret ni hasard.
On ne joue pas à Paris et en tournée depuis 2001 plus de mille fois une comédie musicale sans raison.


La toute première explication de cette longévité et de cette reprise au La Bruyère tient au talent du compositeur-librettiste-metteur en scène Hervé Devolder, qui a su incorporer dans sa recette de bien bons ingrédients ad hoc.


En tout premier lieu, le livret est écrit à partir d'une histoire drôlement bien ficelée.
Six personnages (un avocat, ses employés et un coursier) vont nous raconter leur vie professionnelle, amoureuse, dans ce cabinet (unité de lieu...), un peu à la manière de la formidable série « Caméra Café ».


Tous jouent au loto le lundi matin. Un beau jour, ils gagnent quatre-vingt-dix-neuf millions d'euros. Tous s'éloignent alors les uns des autres.
L'argent fera-t-il leur bonheur ? Je vous laisse découvrir par vous-mêmes...


L'argument est à la fois simple, solide, d'une efficacité redoutable, et propice à bien des développements.
Le texte est drôle, spirituel, toujours de bon goût, même dans des situations qui pourraient prêter à des interprétations scabreuses, voire salaces. Ici, il n'en est rien.


Beaucoup de fou-rires secouent la salle.
J'ai beaucoup aimé la distanciation entre certaines mélodies, certains arrangements de facture plutôt classique et les textes avec des chutes jouant sur des rimes très décalées. Ca fonctionne très bien et l'on rit alors énormément.

 

Ensuite, la qualité des compositions musicales et des arrangements est indéniablement au rendez-vous.
La meilleure preuve en est qu'à la sortie du théâtre, nombre de spectateurs sifflotent voire chantonnent des mélodies entendues et surtout retenues.
C'est évidemment un signe qui ne trompe pas !

Différents styles musicaux sont abordés, ce qui va permettre à Hervé Devolder quelques citations d'autres comédies musicales très connues.


Le metteur en scène a réuni un casting haut de gamme.
Douze comédiens-chanteurs jouent en alternance les six personnages.
Hier, une véritable cohérence vocale régnait. Ces six-là s'entendaient comme larrons en foire, et prenaient un plaisir évident à partager ensemble le plateau.
Les voix, les tessitures sont équilibrées, avec notamment la très belle prestation du baryton Arnaud Leonard, en boss-avocat, et celle de la mezzo Léovanie Raud qui campe une truculente secrétaire amoureuse du patron.
Ces deux-là ont assurément reçu une belle formation lyrique.


En duos, en choeur, une vraie pâte sonore vocale homogène se dégage. C'est rond, c'est propre.
Tous dansent, également. Carole Deffit est l'exemple même de ces artistes complets issues de cette école de la comédie musicale française qui n'a plus rien à envier notamment aux Etats-Unis.


Hervé Lewandowski campait quant à lui un irrésistible clerc un peu benêt et ravissait les spectateurs.


Tout comme Grégory Benchenafi en coursier ne se déplaçant jamais sans son guidon une fois descendu de son scooter. Lui aussi possède une belle tessiture et un beau timbre.

Trois musiciens accompagnaient hier en live les chanteurs, Daniel Glet au piano, Fred Liebert à la contrebasse et à la basse électrique cinq cordes, ainsi que Jean-Pierre Beuchard à la guitare.
Là encore, de la belle ouvrage.

C'est donc un vrai moment de bonheur musical qui vous attend au théâtre La Bruyère, au cours duquel on rit énormément. On prend un réel plaisir à suivre les péripéties de ces personnages tous plus attachants les uns que les autres.
Il n'y a pas de méchants, et le message délivré est tout à fait positif.

Une chance !

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