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Carmen (Opéra en plein air)

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Décidément, l'Europe est une indéniable réalité : de la grand place de Séville, Carmen, Don José et consorts ont émigré dans la cour du Château de Vincennes !


Dès l'ouverture, nous entrons dans le vif du sujet : voici Escamilo porté en triomphe, du sang sur son habit de lumière.

(Hashtag Balance ton Taureau...)

L'histoire, on la connaît bien.
Encore cette fois-ci, Carmen veut, Don José aussi, Carmen et Don José font, Don José veut encore, Carmen ne veut plus, Don José tue.
C'est un rien raccourci, mais enfin, l'essentiel y est...


D'emblée, à la tête du Music Booking Orchestra de Anne Gravoin, le chef Vincent Renaud nous montre qu'il tient parfaitement ses troupes. L'orchestre va rendre un très bel hommage à la partition de Georges Bizet. Il y aura du souffle, de l'épique, de l'héroïsme, mais également beaucoup de sensualité, de douceur et d'émotion dans cette interprétation musicale.


Il faut être très clair : nous sommes en plein air, et donc tout est amplifié. Il serait donc vain de comparer l'acoustique des lieux, les grands équilibres des masses sonores à ce qui peut constituer une production à Bastille ou à Garnier.


Néanmoins, il faut tirer un coup de chapeau à la société belge Sans Frontières et à Vincent Donat, l'ingénieur du son, qui malgré un vent assez fort, ont réussi à donner une belle restitution sonore de cette oeuvre. (Trente-six sources HF en plein air, tout de même...)

Le metteur en scène Radu Mihaileanu est un cinéaste. Son travail sur cette Carmen le prouve.
Ici, il privilégie les visages, les expressions de ses chanteurs, délaissant souvent les corps, et les interactions entre ces corps.
A l'opéra, sur scène, pas moyen de procéder par successions de champs/contre-champs.
Il me semble par exemple quant à moi que lorsqu'on déclare sa flamme à quelqu'un, on regarde plutôt ce quelqu'un droit dans les yeux. On ne reste pas côte à côte sans se dévisager l'un l'autre.

Côté chanteurs, la soprano russe Olga Tenyakova a illuminé la soirée.
Dans le rôle de Carmen ? Non, dans celui de Micaëla !


Melle Tenyakova, qui continue d'étudier au Conservatoire national de Saint-Pétersbourg, a donné à son personnage une très belle dimension et une réelle présence. Comme elle était crédible !


Sa technique irréprochable, sa tessiture, sa puissance, son absolue justesse, mais aussi ses nuances, le timbre de sa voix, plein, rond, suave, velouté, tout ceci a déclenché bien des bravi lors des saluts. Votre serviteur n'a pas été le dernier à ovationner la chanteuse.
Comme j'aurais alors aimé que MM Bizet et les librettistes Meilhac et Halévy eussent eu la bonne idée d'écrire plus d'airs pour cette Micaëla-là !


Retenons bien son nom : Olga Tenyakova !

Bien entendu, l'immense avantage de cette opération « Opéra en plein air » est de démocratiser la chose lyrique et de permettre à un grand nombre de spectateurs peu enclins naturellement ou financièrement à fréquenter les théâtres lyriques d'avoir accès à cet art encore trop élitiste.
C'est également un moyen d'aborder ces œuvres emblématiques d'ordinaire réservées à quelques privilégiés, ainsi que de donner envie de poursuivre le chemin.


Hier, ces missions étaient complètement remplies, notamment vis-à-vis de jeunes et à n'en pas douter futurs aficionados.

Vous trouverez ci-dessous les prochaines dates de cette Micaëla (oh pardon...) de cette Carmen prenant ses quartiers dans de magnifiques bijoux architecturaux et patrimoniaux français.
Pour une agréable soirée estivale.

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