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De la cour au jardin

Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Une actrice

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Tout d'abord et avant tout, on peut être soulagé !

Lorsqu'on a proposé le projet de ce spectacle à Judith Magre, elle a tout d'abord déclaré que de toute façon, elle serait morte au mois de mars.


Judith Magre, c'est cela ! Une dose d'humour féroce, une dose de provoc', une dose de de feinte indignité, une dose d'infinie politesse, une dose de malice évidente, ajoutée évidemment à la dose la plus connue qu'on lui connaît : son immense talent !


C'est l'histoire d'un écrivain qui a entrepris d'écrire une biographie consacrée à une grande comédienne, son idole.


Ces personnages de la pièce de Philippe Minyana, on les connaît, puisqu'ils se nomment comme les comédiens. Et pour cause !


L'écrivain, c'est Pierre Notte.
La comédienne, c'est Judith Magre.
Nous allons donc assister à une sorte d'interview, en vue de la publication d'un bouquin.


Mais tout d'abord, Melle Magre, de sa voix reconnaissable entre toutes, suave, grave, avec des envolées dans les aigus, Melle Magre va nous raconter une histoire.
Un récit de vie qui va commencer par un dos, aperçu au petit matin et se terminer par un enterrement.


Histoire de rappeler le métier de la Dame, histoire de bien se rendre compte de quoi on parle. De remettre les pendules à l'heure, quoi...
Voilà ce que c'est qu'une actrice !

Ce qu'elle a dit m'a fasciné ! Impossible de ne pas être suspendu aux lèvres vermillon de la comédienne ! Elle nous régale, nous enchante et nous ravit.
C'est une leçon de comédie, qu'elle nous donne. Une nouvelle fois.
Et ces yeux ! Ces yeux qui vous transpercent littéralement lorsqu'il vous fixent !

Et puis le corps de la pièce commence véritablement. L'interview à proprement parler.
Le jeu du chat Pierre et de la souris Judith va débuter.

Une joute oratoire à fleurets mouchetés, un délicieux moment de questions réponses.
 

Lui, il veut absolument ces réponses, il a un bouquin à écrire. Elle, elle ne veut pas forcément les lui donner.
Il veut des anecdotes croustillantes, les lui racontera-t-elle ?

 

Entre ces deux-là, sous cette apparente opposition, va se jouer un tout autre jeu.

Nous avons devant nous deux êtres qui se sont rencontrés, et surtout qui se sont trouvés.
Sur la scène du Petit Poche, c'est à un moment de tendresse et d'affectueuse complicité auquel nous allons assister.


Il va s'agir d'amour au sens noble, au sens littéral du terme.
Au fil de cette interview, les deux vont se dire qu'ils s'aiment. A mots couverts, à mots plus ou moins feutrés.
Il est très rare de pouvoir dire à l'autre qu'on l'aime, en tant qu'être humain, en tant que personne.
Le verbe « aimer » est tellement galvaudé...


Le texte de la pièce (n'oublions pas qu'il s'agit d'une pièce de théâtre...) est issu des rencontres que l'auteur, Philippe Minyana, a véritablement eues avec Judith Magre.
On rit énormément, et puis tout de suite après un sourire, nous voici tout émus, alors que l'on ne s'y attendait pas forcément.
Des confidences s'échappent, des souvenirs, également. Des deux côtés, d'ailleurs...


Un troisième personnage, Marie Notte, sœur de l'écrivain à la scène comme à la ville, viendra ponctuer le texte de chansons fort joliment interprétées (La comédie, You don't own me, La mémoire qui flanche...)

C'est donc un vrai moment tendre et affectueux qui nous est proposé.
La tendresse et l'affection, nous dit Pierre Notte, sont deux mots un peu surannés, mais qu'il aime beaucoup.
Comme il a raison !

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