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Hamlet

(c) Photo Y.P. -

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Il y a quelque chose de pourri au royaume du Westeros.
Oui, le Westeros, le royaume tant convoité de la série « Game of thrones ».


Le Hamlet de Xavier Lemaire semble en effet s'inspirer de l'esthétique de la célèbre série diffusée dans le monde entier : des fourrures en veux-tu en voilà, un héros blond peroxydé, un spectre évoquant immanquablement un « marcheur blanc »...
Pourquoi pas, après tout. Shakespeare a tellement inspiré réalisateurs et scénaristes, ce n'est qu'un juste retour des choses.


Grégori Baquet est donc LE héros du grand Will. LE personnage mythique. LE rôle que nombre de comédiens veulent un jour interpréter.
Quel abattage, quelle fougue, quelle énergie !
Son Hamlet n'est pas une mauviette ! Pour pulser, ça pulse !


Oui, il a teint ses cheveux en blond très clair. Hommage à Laurence Olivier, volonté de ressembler à Mad Max (Je trouve au passage que Grégori Baquet ressemble de plus en plus à Mel Gibson...), ou à Geoffrey Baratheon, le jeune et détestable roi de la série sus-citée ?

Xavier Lemaire a en effet demandé à son comédien d'incarner un sale gosse, souvent insupportable, affublé d'un horripilant rictus.
Un sale môme trop gâté, un Hamlet-Geoffrey qui ne supporte pas que maman Gertrude-Cersei tente de remplacer papa dans ses bras et dans son lit.
Le propos se tient.


Le comédien est irréprochable dans cette optique dramaturgique de l'ado attardé, et restitue néanmoins parfaitement les affres et les souffrances du personnage, parfois de façon très burlesque.


Car le metteur en scène a en effet lorgné dans cette direction du burlesque. Parfois, tout le monde court tellement un peu partout qu'on dirait un peu les Marx Brothers.


Burlesque aussi par exemple cette façon qu'à Polonius de crier « Je suis mort ! ».


Burlesque un peu trop à mon goût, je dois l'avouer.
Les spectateurs rient parfois de certaines scènes qui ne sont pas sensées déclencher l'hilarité.
Soit. Dont acte.


La traduction de Camille Barnes participe également à cette volonté de tendre vers un humour un peu gros, un peu grossier. (Jamais vulgaire, entendons-nous bien.)


Certes, dans ses comédies, Shakespeare a des propos outranciers, parfois grivois, et même scatologiques.
Mais ici, le titre original le la pièce est « The Tragedy of Hamlet, Prince of Denmark », c'est une tragédie.
Dans ses tragédies, le registre de la langue shakespearienne est beaucoup plus châtié, moins humoristique, même si dans Shakespeare, le tragique tend parfois à faire sourire.
C'est un autre choix du metteur en scène que de tirer tout ça dans cette direction burlesque et parfois loufoque.


J'ai beaucoup aimé l'Ophélie de Pia Chavanis.
La jeune femme est très émouvante et l'on est totalement pris par son jeu, surtout lorsque celle-ci perd la raison, suite au meurtre de son père. De la belle ouvrage.


Un autre grand moment est la scène des fossoyeurs. Les deux comédiens, Olivier Denizet et Stéphane Ronchewski sont très drôles, notamment lors du passage de la devinette.
 

La scène du « théâtre dans le théâtre » est traitée de façon très contemporaine, avec guitare électrique, rock et caméra embarquée, et avec probablement une espèce de volonté d'aller du côté d'Ivo van Howe ou de Thomas Jolly, une mise en scène contemporaine qui tranche étrangement avec le restant de la pièce.


On l'aura compris, c'est un spectacle qui part dans de multiples directions.
Il faut aller voir Grégori Baquet.

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