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Don Quichotte, farce épique

(c) Photo Y. P. -

(c) Photo Y. P. -

Vous croyiez tout savoir à sur Don Quichotte de la Manche (on peut dire « de la Mancha », c'est comme on veut...) ?


Oubliez !
Oubliez vos certitudes, vos aprioris, remisez tout ce que vous pensiez connaître !
Le metteur en scène Jean-Laurent Silvi et un quatuor de comédiens de choc vont faire de vous des érudits en matière de chevalerie errante !

 

Car oui, ne nous y trompons pas, la première caractéristique de Don Quichotte de la Manche (on peut dire « de la Mancha », c'est comme on veut...), c'est d'être un chevalier errant.
C'est ce que va nous rappeler une journaliste-intervieweuse, mélange d'Anne Sinclair et Léa Salamé, en posant une flopée de questions plus ou moins judicieuses à notre héros.


Le ton est donné d'emblée : nous allons assister à une vraie farce, avec toutes ses caractéristiques y compris parfois situées en dessous de la ceinture, à une pochade potache, dans laquelle les fou-rires seront légion !


Cette relecture on ne peut plus décalée du roman de Cervantès est absolument hilarante et déjantée.

Nous sommes parfois en plein surréalisme, tellement les situations sont exacerbées.
Il y a du Monty Python, des Marx Brothers, là-dedans !


Bien entendu, ce qui fait que le comique va fonctionner à plein régime, c'est d'abord le duo maître-valet.
Dès leur apparition, sans rien avoir besoin de dire ou de faire, les deux personnages, l'un en veste à paillettes-chemise à jabot-corsaire à bretelles-genouillères, l'autre en marcel, bermuda et godillots, les deux personnages, par leur physique en totale opposition déclenchent les rires.


Un grand maigre. Un petit « enrobé ».
Depuis Laurel et Hardy, Don Diego et le sergent Garcia, C3PO et R2D2, la recette fonctionne à merveille.


Ici, le casting est parfait.
Sylvain Mossot est Don Quichotte de la Manche (on peut dire « de la Mancha », c'est comme on veut...) Axel Blind est Sancho Pança.


Ce travail sur la différenciation des corps, plus rare que l'on ne pense, est ici très payant.
Ces deux-là forment un vrai duo de comédie.


Sylvain Mossot, cheveux en bataille, moustache effilée et barbichette à l'avenant, est parfait dans ce rôle de cet hidalgo à la fois sympathique et pathétique, épris de romans de chevalerie.
Il insuffle à son personnage une vraie folie, une vraie dérision.
Sa façon d'écarquiller les yeux bleus en se frisant la moustache est drôlissime.


Axel Blind, joue le bouffon, le Sganarelle, le moins fou des deux, à défaut d'être le moins noble.
Son jeu déclenche lui aussi les rires en cascade, ses double-takes, ses regards désespérés, ses coups de gueule, ses runing-gags sont épatants.
Qu'est-ce que ces deux-là nous font rire ! Tous les mécanismes de la comédie sont habilement mis en avant.


Barbara Castin sera la journaliste, et incarnera également une princesse à la fois on ne peut plus fantasmée, glamour et digne de Point de Vue Images du monde.


Anthony Henrot incarnera une sorte de maître de cérémonie présentant les hauts faits de cette épopée. Il incarnera également un Cardenio haut en couleurs, vêtu d'un seul slip. (La pièce fera d'ailleurs une vraie promotion de ce sous-vêtement masculin. Je n'en dirai pas plus.)


Il campera lui aussi un personnage complètement surréaliste. La scène entre les trois comédiens écoutant une histoire est « énorme » !


Il faut noter que le texte de ce spectacle est une création collective.
Le décor et les accessoires seront réduits à leur plus simple expression : quatre cubes et une barrière en aluminium. C'est tout, pas besoin de beaucoup plus, le texte et les comédiens se suffisent à eux-mêmes.


Au final, cette parodie d'une parodie de roman de chevalerie est vraiment très réussie, nos zygomatiques sont mis à rude épreuve durant cette heure de vraie folie.
On comprend très vite pourquoi le Lucernaire a reprogrammé cette pièce.
Une façon de se mettre le public dans la manche ! (on peut dire « dans la Mancha »... Euh non, pas cette fois...)

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