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Ruy Blas

(c) Photo Y.P. -

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Ah Ca ! Je vous le dis ! Voici donc, par ma foi
De Hugo un Ruy Blas de bien bon aloi !

Il faut être clair : si l'intrigue de Ruy Blas est si célèbre et si connue, c'est grâce à quatre hommes :
Victor Hugo, l'auteur, bien évidemment. Et d'un.


Mais c'est peut être plus encore grâce à trois autres, à savoir Gérard Oury, Louis de Funès et Yves Montand, qui firent rire (et font rire encore) des millions de personnes, en ayant adapté à l'écran la pièce devenue « La folie des grandeurs ». (Musique de Michel Polnareff, au passage.)
« Il est l'ooooooooooor, Monseignooooooooooooooor ! »
Ca y est ? Vous y êtes ?


Don Salluste, grand d'Espagne, pour se venger de l'humiliation et le bannissement qu'il doit à la Reine, va piéger celle-ci en lui présentant son valet Ruy Blas qu'il fait passer pour Don César, un noble et bel hidalgo.


Par le biais de ce drame romantique, le père Hugo développe ses thèses humanistes.

A travers ce laquais « anobli » par la force des choses, c'est le peuple qui prend le pouvoir et qui lutte contre les puissants corrompus de ce monde, tout en prônant un idéal de pureté et de liberté.
On le sait, la pièce fit scandale lors des premières représentations.


Les membres de la compagnie les Nomadesques se sont approprié cette pièce majeure et sur le plateau, sept comédiens vont interpréter les vingt-et-un personnages de la distribution.


Tous réussissent à rendre compte à la fois du caractère épique de ce drame et de la drôlerie que Victor Hugo avait tenu à insérer, s'attirant ainsi les foudres de la critique d'alors.
(Les scènes avec la duègne, celle de la saoulerie de l'alguazil sont à cet égard très réussies.)


Le metteur en scène Vincent Caire parvient à créer un bel ensemble et une vraie cohésion sur le plateau. On sent très vite que ces sept-là se connaissent et prennent du plaisir à jouer ensemble.


La direction d'acteur est physique. Pas besoin de grands décors, pas besoins d'accessoires, le texte et le jeu des  comédiens suffisent.
On se bat en duel, on se bouscule, on se court après. C'est du théâtre vivant, ça bouge, ça vibre !


Pour autant, l'alexandrin coule, on suit l'action très facilement, le texte est dit très précisément et très fidèlement.


Le couple principal est interprété par Damien Coden et Karine Tabet. Les deux nous font croire totalement à leur histoire d'amour même si j'ai trouvé le personnage de Ruy Blas parfois un rien trop larmoyant. (Ce sera ma seule et vraiment minime réserve.)
Ces deux-là sont totalement convaincants et nous émeuvent vraiment.


Franck Cadoux est un Salluste fourbe et machiavélique à souhait, le genre qu'on n'aimerait pas côtoyer tous les jours.

Le comédien, les cheveux gominés et coiffés en arrière, tout de noir vêtu (un nouveau coup de chapeau à Corinne Rossi pour ses costumes), le comédien est parfait dans ce rôle de froid calculateur.

 

Mais celui qui m'a véritablement enthousiasmé, et je pèse mes mots, c'est Gaël Colin, dans le rôle du véritable Don César de Bazan. Alors lui a déployé une large palette et une justesse phénoménales !
En personnage bravache, en matamore au costume troué, rapiécé, en espagnol vantard, fort en gueule, plastronnant à qui mieux-mieux, il est épatant.
Chacune de ses apparitions est un grand moment.

On l'aura compris, ce Ruy Blas est une belle entreprise théâtrale, qui permet de découvrir la pièce (de nombreux ados étaient présents hier dans la magnifique salle du Ranelagh) ou de la redécouvrir. Elle n'est en effet pas si souvent montée que cela.

Il me reste à attirer votre attention sur le visuel très réussi de l'affiche.
Le ou la graphiste dont j'ignore le nom a représenté un piège à loup dont les mâchoires ne sont autres que les deux moitiés d'une couronne royale dorée.
Une vraie et belle idée.

Ô, cher Victor, votre œuvre est entre de très bonnes mains !

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