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Le fils - de Florian Zeller

Photo retirée à la demande de l'attaché de presse -

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Les verbes « pouvoir » et « devoir » au conditionnel passé (première forme, le conditionnel passé.  Les amateurs de précisions grammaticales se régalent...), ces verbes-là sont redoutables.
J'aurais pu... J'aurais dû....

Voici les deux formes verbales qui vont finir par hanter Pierre, le père de Nicolas.


C'est ce père qui est en effet au centre de ce Fils, le dernier volet de la trilogie de Florian Zeller, après la Mère et le Père.
C'est ce papa qui occupe toute la place, beaucoup plus que le fils.

C'est à lui que nous allons vraiment nous intéresser.
C'est en tout cas ce que moi j'ai ressenti. (Alors évidemment, vous pourrez toujours m'objecter que ce père a forcément été lui aussi un jour un fils, et que ce père, c'est le fils du titre... Bref...)


Difficile en tout cas pour ce chef d'une nouvelle famille de récupérer cet ado de dix-sept ans né d'une première union, et de lui trouver une place dans le nouveau couple.

 

Oui, c'est dur, la relation père-fils.
Oui, c'est difficile. Oui, c'est compliqué. J'ai trouvé qu'on était parfois à la limite du cliché.
Cette relation va nous être déroulée pendant deux "bonnes" heures.


Le père donc.

Yvan Attal est magistral ! Heureusement !
Il parvient vraiment à nous captiver. Le comédien est excellent dans ce rôle que j'ai trouvé pourtant assez convenu, et qu'on voit souvent ici et là.
Sa partition est très large, et il utilise au mieux toute sa palette pour composer ce type qui veut bien faire, qui croit bien faire, et qui passe par des moments de doute, de colère, de désarroi, de tendresse, de brutalité. Oui, Yvan Attal est formidable ! J'ai totalement cru à son personnage.


Elodie Navarre, dans le rôle de sa nouvelle épouse, m'a également convaincu. Le duo fonctionne très bien.


La mise en scène est très cinématographique, trop peut-être, en tout cas trop pour moi, avec des petits plans-séquences systématiques, du début à la fin, au bout desquelles j'avais envie de crier « And.... Cut ! », avec fondu au noir systématique.


Une nouvelle fois, il me faut mentionner le travail épatant de Jean-Daniel Vuillermoz qui signe la création des costumes.
En imaginant une garde-robe très ciblée, très particulière pour chaque épouse du père, (l 'ancienne et la nouvelle, j'entends...), en différenciant subtilement leurs vêtements respectifs, le costumier déjà moliérisé nous en apprend pratiquement beaucoup plus sur ces deux femmes que ce qui est écrit et dit à leur sujet.
Je vous conseille vraiment si vous allez à la Comédie des Champs-Elysées de porter un regard attentif sur l'ensemble des costumes de chaque comédienne. Du grand art. Vraiment.


Un dernier mot.
Dans la pièce, il est question de deux lycées.


J'ose espérer, M. Zeller, que leurs proviseurs respectifs (c'est l'intitulé administratif exact du « directeur » d'un lycée) qui laissent un ado mineur sécher tous les cours pendant deux mois dans l'un et trois mois dans l'autre sans jamais, mais alors jamais prévenir la famille (si si, c'est ce qui se passe pendant la pièce...), j'ose espérer que ces deux éminents proviseurs-là seront convoqués séance tenante à la Direction des Services de l'Education Nationale de l'Académie de Paris pour y recevoir un sacré savon.
J'ai trouvé ces situations totalement invraisemblables. Je me demande également et pendant que j'y suis si les services médicaux psychiatriques qu'on nous présente ne sont pas eux aussi caricaturés...


Ce fils est sans doute à voir, mais pour son père.
Pour Yvan Attal.

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