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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Le dur désir de durer

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Voici un spectacle gentiment sympathique, gentiment foutraque pour gentils bobos.
Un spectacle gentiment gentil, quoi.


Un mélange d'un peu de cirque, d'un petit peu de danse, d'un petit peu de musique, d'un petit peu de texte (le titre fait référence à l'ouvrage éponyme de Paul Eluard).


Le public sera assis sur deux gradins en bi-frontal.
Un couloir sépare donc les deux séries de rangées.
C'est dans ce couloir que se déroulera le spectacle, avec un propos assez simple : à mon côté cour, c'est le monde de la jeunesse et de la naissance, à mon côté jardin, c'est le lieu de la mort.
Au milieu, on essaiera de durer, même si c'est dur, quoi...


Les comédiens-danseurs-musiciens défilent dans différents tableaux.


Un peu de cirque, donc.
Quelques numéros avec des animaux qui passent, un cochon, un poney, un marabout. Un marabout ailé, pas un de ceux qui distribuent des petits papiers au métro Belleville, non, un oiseau très digne dont on m'assure qu'il s'appelle Charles et qui va se percher sur le dos tatoué d'une artiste.
(L'artiste en question aura au préalable montré ses fesses, en compagnie d'un de ses camarades, ce qui n'est quand même guère provocateur, mais ceci déclenche quelques rires...)


Un peu de danse, donc.
Un léger flamenco (est-ce pour attirer Anne Hidalgo, dont sa mairie finance ? Je ne sais...) et une jolie scène de tempête, avec un gros ventilateur. Une scène très très mais alors très inspirée du spectacle Snowshow du merveilleux clown russe Slava).


Un peu de musique. Un nain à l'accordéon, un joueur de tambour sur échasses et un violoncelliste sur un petit fauteuil roulant avec une lampe qui l'éclaire quand il roule.


Un peu de texte, avec notamment un assez long monologue qui fait immédiatement retomber la pulsation et le rythme du très beau premier numéro. (Je vous laisse éventuellement découvrir...)
Est-ce un passage tiré du livre d'Eluard ? Je ne sais, j'aurais bien aimé en savoir davantage...


Un élément du spectacle me faisant penser à l'histoire du théâtre anglais élisabéthain m'a fasciné.
La queen Elisabeth the First exigeait que les pièces qu'on présentait à sa cour comportassent un chien sur scène, dans un numéro qui fît beaucoup rire.
Ce qui, au passage, exaspérait au plus haut point un certain William Shakespeare qui était plus ou moins obligé d'en passer par là...
Hier, le moment du spectacle qui a déclenché l'hilarité fut l'apparition... d'un petit chien tout noir, qu'on avait affublé d'une paire de cornes toutes blanches.
On aura compris que rien ne change sous le soleil des projecteurs.
Et je referme ma parenthèse historique.


Après les saluts bi-frontaux, on offre à boire aux spectateurs.
Moi, je suis quand même resté sur ma faim.

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