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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

La rivière à l'envers - Hannah

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Quel plaisir de retrouver Tomek, Hannah, Iorim, Eztergom et consorts, tous ces personnages de ce roman-phare de la littérature de jeunesse qu'est « La rivière à l'envers », roman écrit par Jean-Claude Mourlevat !
Retrouver ? Oui, retrouver.

 

La saison passée, Houdia Ponty avait adapté et mis en scène ce livre, dans lequel le héros Tomek et son amie Hannah entreprennent une vraie et difficile quête pour retrouver la rivière Qjar, dont l'eau empêche de mourir.


Cette fois-ci, Melle Ponty a eu la bonne idée de vouloir explorer l'univers d'Hannah, et d'en faire la narratrice ainsi que le personnage principal.
C'est à travers ses yeux que l'aventure va nous être narrée.


Tout ce que j'avais aimé lors du premier opus, tout ce qui constitue la marque de fabrique de la metteure en scène et de sa compagnie Mad&Gus, tout ceci est à nouveau proposé aux têtes plus ou moins blondes.


Voici ce que j'écrivais l'an passé :
« Comme il est réconfortant d’assister à un spectacle de qualité pour enfants, l’un de ces spectacles qui ne prend pas ses jeunes spectateurs pour des demeurés !

Un spectacle qui fait confiance à la capacité des mômes à capter un message non prémâché, un message véhiculant de vraies valeurs humanistes telles que l’acceptation de la différence, le respect de l’autre, sans oublier ce noble sentiment qu’est l’amour, et ce, sans mièvrerie aucune. »


Je n'en change pas une virgule : Houdia Ponty a repris ses judicieux parti-pris qui fonctionnent pleinement une nouvelle fois : une direction d'acteurs vive et précise, un décor épuré fait de quelques caisses multi-usages, quelques pans de tissus, de bien jolis costumes, le tout permettant à chacun, petit ou grand, de s'évader, d'être ailleurs.


Cette fois-ci, la troupe a également exploré d'autres formes théâtrales, comme les ombres chinoises ou les masques, qui prolongent cette dimension d'évasion.


Les quatre comédiens présents sur le plateau, Isabelle Couloigner, Arno Nguyen, Maxime Feton et Houdia Ponty elle-même ne ménagent pas leur peine : tous sont très convaincants et justes, impossible de ne pas se laisser emporter par les oniriques aventures de leurs personnages respectifs.


Il faut également mentionner la très jolie bande sonore du spectacle que l'on doit au compositeur hollandais Reyn Ouwehand. Je suis d'ailleurs sorti de la salle en fredonnant l'un des thèmes.


Hier, au Mélo d'Amélie, au moment de la signature d'autographes après la pièce, une petite spectatrice ne parvenait pas à quitter les lieux, voulant prolonger encore et encore le spectacle en racontant aux comédiens ce qui lui avait plu, ce qui l'avait touchée.
C'est un signe qui ne trompe pas.
Un spectacle pour enfants réussi, c'est un spectacle dans lequel les trois principes fondamentaux du théâtre sont finement proposés et adaptés à la tranche d'âge : la double énonciation, la distanciation et la catharsis.
Dans cette Rivière à l'envers, « le retour », c'est une nouvelle fois le cas. Indiscutablement.


Les membres de cette compagnie manifestent permanence un vrai respect dû à leurs jeunes spectateurs : tout ne leur est pas délivré "clefs en main", ils font totalement confiance à l’intelligence de ces jeunes spectateurs-là.

Une nouvelle fois, ce fut une heure de vrai théâtre, ce théâtre que l’on aime, ce théâtre intelligent, militant, même avec les plus petits.

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