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Rachmanimation

(c) Photo Y.P. -

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Rachmanimation : n.f., néologisme très plaisant dû aux deux musiciens Vadim Sher et Dimitri Artemenko. Action de mélanger la musique de Sergeï Rachmaninov aux dessins animés russes.


Vadim et Dimitri ne sont pas des inconnus l'un pour l'autre. Ces deux-là se connaissent depuis la maternelle, qu'ils ont suivie ensemble à Tallinn, capitale de l'Estonie, ancienne république soviétique indépendante depuis 1991.


Ces deux talentueux musiciens ont eu la bonne idée de nous concocter un joli programme musical et cinématographique, à la demande de la Philharmonie de Paris.


Cinq dessins animés russes vont être projetés (avec auparavant un extrait d'un documentaire montrant un animateur image par image au travail), agrémentés de la musique pour piano et violon de Rachmaninov.


A priori, on ne peut qu'être étonné : le compositeur russe n'a pas produit d'oeuvres pour enfants, à l'instar d'un Debussy ou d'un Ravel.
Et pourtant, l'idée des deux compères estoniens est on ne peut plus judicieuse : le choix des œuvres colle parfaitement à ce qui nous est donné à voir.


Ils ont bien entendu choisi des œuvres courtes, qu'ils agrémentent parfois de chansons populaires, comme la très drôle « Chanson pour les deux oies », ainsi que des compositions personnelles de très belle facture, afin de se « caler » sur la durée des œuvres projetées.


Piano et violon, donc.

Vadim et Dimitri sont des concertistes accomplis, des musiciens de très haut niveau, techniquement irréprochables, avec beaucoup de sensibilité, voire de sensualité..
L'âme russe transpire dans leurs interprétations, même lorsqu'ils s'emparent d'une mélodica, d'un kazoo ou d'une flûte à bec.
C'est un bien grand plaisir pour nos oreilles.


Quant à nos yeux, ils ne seront pas en reste.
Cinq cartoons russes nous sont proposés, allant de « La patinoire », de 1927 à « Attends un peu », produit en 1973.


Ces petits films, les deux musiciens les ont vus, lorsqu'ils étaient enfants, ils peuvent donc en parler en connaissance de cause.
C'est d'ailleurs ce que fait Vadim entre deux, qui nous raconte la vie qu'il a connue, les files d'attente dans les magasins, le bruit des bouteilles vides des mamans (un moment du spectacle très émouvant), des mamans obligées d'emporter toutes sortes de récipients vides, au cas où un approvisionnement aurait eu lieu.


Il sait nous décrire l'impatience qui s'emparait des petits estoniens en attendant la sortie des œuvres de Viatcheslav Kotionotchkine, le Tex Avery russe.

Les techniques d'animations sont variées : dessin « fil de fer » au charbon de bois pour « La patinoire », image par image, objets réels animés ou encore plus classiquement gouache sur celluloïd.
C'est un bel éventail qui nous est proposé.

Un signe qui ne trompe pas : les enfants (pour certains bien au dessous de six ans, comme il est proposé par le théâtre) ne bronchent pas, captivés qu'ils sont par les films et les deux musiciens.
Qui donc a dit que le grand Sergeï n'était pas pour les enfants ?

On l'aura compris, c'est un spectacle totalement dépaysant. Un régal pour les yeux et les oreilles des petits et des grands. Musique et cinéma d'animation font un vrai et très bon ménage.

On peut prolonger la matinée théâtrale en dégustant au bar des pâtisseries russes chères aux enfants estoniens.
Pour les grands, c'est une très jolie bouteille de vodka qui nous attend de « verre ferme », avec les malossols qui vont bien.

Да здравствует мультфильмы и музыка Сергея Рахманинова!
за ваше здоровье !

 

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