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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Aimez-moi

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Alors, le Palmade nouveau est-il arrivé ?
C'est vrai quoi, la question mérite d'être posée, parce que ça faisait quand même sept années qu'on attendait ce seul-en-scène, qu'on ne l'avait pas revu en solo, le Pierre !


Alors, est-il revenu, le Palmade que l'on connaît ?

Non et oui...


Non, parce que nous retrouvons pour notre plus grand plaisir ce qui constitue les marques de fabriques de son écriture et de son jeu de scène, tout ce qui a été copié, plagié, pillé par tellement de ses « pseudos-confrères ».


La première de ces marques de fabrique, c'est cette capacité à nous décrire le plus naturellement du monde, le plus naïvement et ingénument même, des situations complètement surréalistes, qu'il parvient à rendre totalement crédibles et drôles. Ses postures corporelles un peu "cassées", le corps un peu "tordu", tout ceci contribue encore et toujours à renforcer ce sentiment de décalage.


Le premier sketch (que je ne vous révélerai pas, bien entendu), est à cet égard emblématique d'une situation vraiment surréaliste virant à l'hilarité générale.
C'est énorme, on y croit et on hurle de rire.


Deuxième caractéristique palmadesque, c'est sa facilité à s'adresser à un autre, comme s'il était en face de lui.
Palmade, c'est un dialogue permanent à lui tout seul.

Soit il formule les réponses, soit il nous les fait comprendre, ce qui est encore plus brillant.


Cette forme narrative de la pseudo-conversation est un style qu'il maîtrise à la perfection.


Puis, des runing-gags, des personnages récurrents tout au long du spectacle (Ah ! Ce Jacques Michelin, qui n'a rien à voir avec les pneus...) font que l'on sait où l'on se trouve.


En revanche, il y a le « nouveau » Palmade, qui revient paradoxalement à celui des débuts.


Durant cette heure et demie, il parlera beaucoup plus des autres que de lui-même, ce qui n'était pas le cas dans les précédents spectacles.


Un personnage plus grave, par moments, et qui assume totalement le fait de ne pas faire forcément rire.

Il y a notamment une fin de « sketch-confession » qui plonge la salle Renaud-Barrault dans un silence des plus assourdissants.


Le moment du spectacle intitulé « Le pire du plus grave » , s'il fait énormément rire, m'a ensuite entraîné dans une étrange expectative.

Avec matière à beaucoup de réflexions...
C'est en cela que le comédien a changé, trouvé-je...


Benjamin Guillard est à la mise en scène.
Il parvient à ne pas isoler l'acteur dans l'immense plateau de cette salle.
Il a fait installer sur scène des sortes de mini-hlm, avec quelques fenêtre éclairées, côté jardin. C'est là que M. Palmade se « réfugie » par moments.


Deux petits meubles (il sera aussi beaucoup question de meubles...), deux petits sièges télécommandés fournissent des moments assis à différents endroits de la scène.

L'un de ces parallélépipèdes télécommandés sera même utilisé pour un bel effet dramaturgique.
Il y a ainsi beaucoup de mouvements dans ce seul-en-scène.


On l'aura compris, ces quatre-vingt-dix minutes sont donc une sacrée source d'éclats de rire, mais aussi d'une certaine gravité.
Je suis ressorti du Rond-Point vraiment emballé.

« Aimez-moi », nous demande Pierre Palmade.
Qu'il se rassure, on continue.

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