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Yves Poey - Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Le chat botté

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Ce que tout le monde ou presque ignorait, c'est que le chat botté était en fait une chatte bottée, une sorte de mystérieuse Catwoman chargée de missions plus ou moins secrètes, plus ou moins dangereuses.


Elle troque sa combinaison noire pour toutes sortes de costumes, et hier encore, elle a enfilé une cape rouge et or, elle a mis un feutre emplumé et ceint sa meilleure rapière pour devenir ce chat botté.


Sa mission : jouer les entremetteuses et faire enfin se rencontrer le marquis de Carabas et la princesse de Chat-Kara.
Favoriser le coup de foudre, en quelque sorte !


Une nouvelle fois, Rebecca Stella et Danièle Barthélémy proposent un spectacle qui prend les enfants pour des êtres doués de raison, des personnes pensantes et raisonnantes.
Elles donnent aux jeunes spectateurs matière à réflexion, elles font fonctionner les jeunes méninges en proposant de savoureux moments de théâtre.


Ici, les petits vont participer activement, ils seront placés en situation d'être de vrais spectateurs et non pas seulement des « receveurs d'images »...


Les trois comédiens de la pièce (hier Charlotte Popon, Diego Vanhoutte et Caroline Marchetti) ne ménagent pas leurs efforts et leurs effets, pour parvenir à ce résultat.


Nous sommes parfois dans un registre burlesque, voire de la farce.

Des situations plus comiques les unes que les autres, des jeux de mots, des dialogues pêchus provoquent les rires en cascade de la part des enfants, mais également des accompagnants.


La structure du conte, chère à Vladimir Propp est respectée, l'histoire de Perrault est finement retranscrite sur le plateau.


Bien entendu, les personnages sont décalés, la princesse, certes un peu bimbo sexy, n'a besoin de personne pour gouverner, le marquis est quand même un peu benêt, et c'est bien ce décalage qui provoque en partie l'hilarité générale.


D'un point de vue pédagogie du théâtre, les petits partiront avec l'acquisition de la notion du quatrième mur.


Il me faut également préciser que ce spectacle est en partie une comédie musicale, grâce à la partition et aux chansons de Pili Loop.
Des mélodies à la Dany Elfman accompagnent Catwoman, et quant aux chansons, j'ai noté un petit côté « -M- , Mathieu Chédid » qui fonctionne parfaitement.
Ces chansons touchent tout le monde. J'avais encore en tête à la sortie du théâtre la mélodie de certaines. C'est un signe qui ne trompe pas, lorsque l'on peut retenir une mélodie...

Notons également une très belle scénographie de Camille Ansquer, faite de paravents articulés et de coffres plus ou moins ouverts...
Les costumes d'Alice Touvet participent également à ce sentiment de ravissement.

Une heure de beau théâtre, donc, avec tous les ingrédients qui font une heure de spectacle réussie.


Un public de jeunes est un public difficile.

Quand ils n'aiment pas ou quand ils s'ennuient, on l'entend tout de suite. (Je me souviens d'Eric Ruf obligé d'intervenir pendant un entracte à la Comédie Française pour demander un peu de silence à une classe de collégiens...)

Hier, on aurait entendu voler les mouches, et au moment où ils étaient sollicités, tous réagissaient de la meilleure des façons.

Mais au fait, pourquoi laisser un tel spectacle aux seuls jeunes spectateurs ?

 

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