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De la cour au jardin

Des critiques, des interviews webradio.

De la cour au jardin

Non à l'argent

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Pour être efficace, voici une comédie efficace !


Avec un thème intéressant.
Un homme joue chaque semaine au loto en souvenir de son père, gagne cent-soixante-deux millions d'euros, mais refuse d'aller chercher ses gains, au prétexte que l'argent ne fait pas le bonheur.
Alors qu'il ne reste que quelques heures avant de perdre définitivement le pactole, il annonce la nouvelle à son épouse, sa mère et son meilleur ami, persuadé qu'il passera à leurs yeux pour un héros.


Bien entendu, ici, la double énonciation fonctionne à merveille.
C'est à nous que ce garçon s'adresse. Comment réagirions-nous si notre conjoint, fils ou pote nous annonçait qu'il a renoncé à devenir multi-millionnaire ?


Quelle est la valeur de l'argent, quel poids son abondance et sa prolifération prendraient-ils sur notre vie ?


Voici donc une très jolie comédie bien troussée, de celles qui continuent la tradition de la célèbre émission pierre-sabbaghesque « Au théâtre ce soir », (ceci est loin d'être péjoratif, sous mon traitement de texte...).


D'ailleurs le public ne s'y trompe pas, qui applaudit systématiquement à chaque entrée d'un nouveau personnage. La tradition.


L'auteur, Flavia Coste, la metteure en scène Anouche Setbon et les quatre comédiens m'ont tiré bien des rires.


Le quatuor sur scène ne ménage pas sa peine.
Pascal Légitimus est cet architecte utopiste pensant que le fric, ce n'est pas chic !
Il est parfait, dans ce rôle pas si évident que cela...

Pour lui, le challenge est d'en faire ni trop, ni trop peu. Il sait doser ses effets, il sait jusqu'où pousser le curseur, et parvient ainsi à être totalement crédible.


Julie de Bona est son épouse. C'est elle dont le rôle va le plus évoluer.

De tendre, aimante, câline au début de la pièce, elle va se transformer en harpie aigrie et furieuse.
La comédienne excelle dans ce registre, ses colères et ses coups de gueule sont jubilatoires !


Le meilleur pote, c'est Philippe Lelièvre.
Lui aussi nous fera beaucoup rire, avec une certaine forme de désespoir, devant ce qui arrive lors de ce dîner de fonds.


Et puis, il y a celle qui m'a décidé à aller voir la pièce.
Claire Nadeau.
La Nadeau !


La comédienne, qui la saison passée donnait la réplique à Robert Hirsch au théâtre de l'Oeuvre, la comédienne est incroyable de drôlerie, de cocasserie, d'humour noir et de folie communicative.


J'ai eu du mal à la lâcher des yeux tellement ses mimiques, ses regards outrés ou désespérés, ses intonations sont autant de grands moments.


D'ailleurs Légitimus ne peut s'empêcher de pouffer de rire en la regardant jouer.


Claire Nadeau me fait penser à Sophie Desmaret.
La même énergie, le même délire ravageur, la même folie douce, la même passion.
Sa scène « des jumeaux » est purement et simplement hilarante. (Vous n'en saurez pas plus...)
Melle Nadeau est formidable !


Même si la fin de la pièce m'a laissé un peu sur ma faim, je dois dire que j'ai passé une excellente soirée au Théâtre des Variétés.


Il faut que ce type de comédie existe, il faut défendre ce théâtre populaire et de qualité, bien huilé et qui provoque beaucoup de plaisir, même un peu coupable.


C'est un art difficile celui qui consiste à faire rire aux éclats un public.

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