Christophe Dellocque fait sa Sylvie Joly

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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Certains, étant tout petits, tombent dans une marmite de potion plus ou moins magique.

Lui, c'est dans la magique de potion Joly qu'il est tombé, en regardant la télé des Carpentier.


Lui, c'est Christophe Dellocque, qui, d'emblée, nous avoue sa passion, son amour et sa vénération pour Sylvie Joly, la célèbre humoriste qui nous a quittés il y aura deux ans le quatre septembre prochain.


C'est en effet une véritable fascination qui s'est emparée très tôt du petit Christophe.
Melle Joly ne l'a jamais quitté.


A tel point qu'il la faite sienne.
Dans le titre de son spectacle, le mot le mot le plus important est peut-être l'article possessif « sa » !

 

Christophe Dellocque aurait pu « se contenter » d'interpréter les sketches de son idole.

Ce qu'il nous propose, lors de ces soixante-dix minutes au Paradis (oui, c'est le nom de la salle au troisième étage du Lucernaire...), c'est beaucoup plus que cela.


Bien entendu, il va jouer les plus célèbres morceaux de bravoure de la dame au boa rose : " Catherine ", « Le Cantal », « la gauche », j'en passe et non des moindres.
Il parvient parfaitement à s'approprier le ton et l'humour si particuliers de ces textes.

 

Mais le comédien nous donne beaucoup plus.


Il nous raconte la naissance de sa passion, et la genèse au Cambodge de la création de son show.
Avec une guest-star de marque en la personne d'une vieille dame cambodgienne, qu'il interprète de manière irrésistible. Pour du vécu, ça sent le vécu !


Entre deux sketches, lui aussi nous dit ses textes, à la mode Joly, parfois.
Là encore, nos zygomatiques sont mis à rude épreuve.

Il chante, également, il danse. C'est une sorte de spectacle complet.

M. Dellocque évolue très à l'aise sur son plateau transformé en scène de music-hall (fumée, projecteurs colorés en contre, gobos à faisceaux serrés, etc, etc...).
Le must étant lorsque le comédien se saisit du fameux boa rose pour s'en entourer les épaules.

Durant un peu plus d'une heure, Sylvie Joly est vraiment parmi nous.
C'est un véritable bonheur de se rendre compte combien cette humoriste, pionnière du one-woman-show en France, a pu apporter.
Ses personnages, grandes bourgeoises, bobos avant l'heure, mères de familles plus ou moins névrosées, ses personnages n'ont jamais été aussi actuels, et résonnent dans chacun de nous.

On mesure également ce que les jeunes humoristes doivent à Melle Joly. Elle a vraiment ouvert la voie.

Christophe Dellocque, dans cet hommage, nous fait à la fois remonter le temps, pour les plus anciens et découvrir une vraie personnalité comique, pour les plus jeunes.

Son évocation est la véritable déclaration d'amour que le comédien n'a jamais pu adresser à son idole.

Je défie d'ailleurs quiconque ayant vu ce « Christophe Dellocque fait sa Sylvie Joly » de ne pas aller faire un tour sur Youtube en rentrant à la maison, afin de retrouver cette regrettée humoriste en « chair et en os ».

C'est aussi l'un des points les plus intéressants du spectacle.

'Bsolument ! 'Bsolument ! Non mais c'est vrai ! 'Bsolument !

Publié dans Critique

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