Aladdin, la prophétie

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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Rien ne va plus au Royaume de Perse !

La colère gronde ! Le peuple est au bord de la révolte, voire de la révolution !

 

Mieux vaut Tahar que jamais ?
Oh que non !
Ce fourbe et machiavélique Tahar, grand vizir de son état, veut à tout prix à retrouver le jardin paradisiaque, pénétrer dans la grotte inconnue et posséder la lampe magique, dans lequel se cache le génie qui, croit-il, lui apportera la toute-puissance.


Aladin et Yasmine, qui vont croiser pour l'occasion leurs destinées, vont contrecarrer les plans de ce premier ministre obsédé par le pouvoir en marche...


Le premier grand mérite de la Compagnie Acte II, qui nous propose cette version survitaminée, est d'avoir adapté au plus près ce conte des mille et une nuits, que l'on croit connaître, et qui pourtant, recèle bien des surprises.


Ici, nous sommes véritablement dans une réelle envie de partage d'une vraie et authentique culture moyenne-orientale.
En gros et sans décodeur, loin de tout dessin animé hollywoodien (suivez mon regard...), est proposée aux petits à partir de cinq ans et aux grands jusqu'à plus d'âge une vraie fresque épique, avec qui plus est de vraies valeurs morales et humanistes.


Et puis surtout, les quatre comédiens Morgane Quiger, Edward Wolf, Arnaud Moronenko, Pierre-André Ballande et leur metteure en scène Loreleï Daize nous offrent un réel moment de plaisir théâtral.


Oui, pour fonctionner, ça fonctionne !
Il n'y avait pour s'en convaincre cette après-midi que de constater le silence aux moments cruciaux, il y avait une cinquantaine de très jeunes spectateurs, des jeunes qui cependant réagissaient parfaitement et à bon escient là et quand il le fallait.


Sur le plateau règne une sacrée énergie, générée avant tout par une mise en scène précise, énergique voire fougueuse.
(Ici, l'expression « mouiller la chemise » n'est vraiment pas galvaudée !)


Un réel esprit de troupe est palpable en permanence. Ces quatre-là ont vraiment envie de donner, et de partager leur passion du théâtre.
Ils jouent la comédie, certes, mais pas que : il chantent (fort bien) et dansent également.
On peut même parler à certain moment de véritable comédie musicale, avec des mélodies et des chorés pêchues.


Des costumes très réussis (chapeau, turban, Sébastien Passot ! ), des combats acrobatiques très savamment chorégraphiés (le Kali, cet art martial philippin, n'est pas loin, n'est-ce pas Melle Quiguer...), des décors très judicieux et très stylisés, tout concourt à la réussite du projet.


Ce qui m'a frappé, c'est la justesse des effets dramaturgiques utilisés, qui fonctionnent pleinement auprès des jeunes : les comédiens interprètent plusieurs personnages, les décalages humoristiques drôlissimes du génie, les références cinématographiques ou littéraires, les procédés narratifs elliptiques.
La scène du serpent est à cet égard très révélatrice. Une toute petite voix monte dans la salle : « C'est un vrai ? »
Oui, tout le monde y croit. La magie des planches opère en permanence.


Cet Aladdin est la preuve qu'on peut ne pas prendre les enfants pour des imbéciles décérébrés et qu'on peut faire confiance à leur intelligence.
J'ai envié ces mômes qui se sont peut-être frottés pour la première fois à l'art dramatique en assistant à un tel spectacle.


Si vous ne savez pas comment occuper votre progéniture durant une de ces après-midis d'été, vous savez où diriger vos pas, et ce, jusqu'au 27 août prochain.

Et puis, même si vous n'avez pas de têtes plus ou moins blondes à divertir, allez donc réviser de façon la plus plaisante qui soit vos classiques en matière de conte oriental.

Shéhérazade a encore bien des nuits à occuper !

(c) Photo Y.P. -

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Publié dans Critique

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