Anne Baquet, soprano en liberté

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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Je vous le dis tout de go et sans ambages : attention, spectacle in-con-tour-na-ble !


Alors d'accord, dans « Soprano en liberté », il y a « Liberté », certes, mais il y a surtout « Soprano ».


En effet, Anne Baquet est une authentique soprano lyrique.
J'irai même plus loin : Anne Baquet est une excellente soprano lyrique. (Je vous conseille d'ailleurs d'aller faire un tour sur son site pour découvrir sa formation et son parcours musical ! C'est impressionnant ! )
La voix, le timbre, la justesse, les nuances, les modulations, la virtuosité sont là et bien là.

Elle peut monter haut. Très haut. Elle peut chanter pianissimo ou forte sans aucun problème.
C'est un véritable bonheur de l'écouter. Et de la voir.


Car je n'oublie pas le concept de « Liberté ».
Melle Baquet interprète pour notre plus grand plaisir une vingtaine de chansons triées sur le volet.
Oui, la chanson de qualité est un genre tout à fait noble.
J'en veux pour preuve les titres qu'elle a choisis, des titres que l'on doit à François Morel (Ah, cette Grand-mère qui a tué Pépé...), Isabelle Mayereau, Parie-Paule Belle, Georges Moustaki, John Lennon, Paul Mc Cartney, Freddy Mercury, Juliette et j'en passe.


C'est un pur régal d'écouter les paroles spirituelles, émouvantes, drôlissimes de ces petits bijoux.
La grande force d'Anne Baquet est d'interpréter non pas seulement lyriquement mais également de les jouer « physiquement », ces chansons-là.


Faut-il avoir un sacré talent, tout de même, pour chanter aussi bien, aussi juste, tout en gesticulant, en bougeant et/ou en dansant !

Car nous sommes véritablement en présence d'un spectacle pluridisciplinaire.
Oui, nous assistons non seulement à un vrai concert, mais également à un vrai numéro de comédie, de danse, de poésie et de clown.
Le mot est lâché : clown. Bon sang ne saurait mentir !


Certaines versions proposées sont purement et simplement hilarantes. J'en veux pour preuve l'interprétation délirante du célèbre « Ah ! Je veux vivre » de Charles Gounod.

C'est à pleurer de rire, et je n'en dirai pas plus pour vous laisser la surprise.


La metteure en scène Anne-Marie Gros a demandé beaucoup à sa comédienne-chanteuse.
Et elle a obtenu beaucoup.


Une incroyable énergie se dégage de ce spectacle, Anne Baquet n'arrête pas un seul moment.
Entourée d' une jolie quantité d'accessoires utilisés à très bon escient, elle incarne vraiment les personnages qu'elle incarne.
L'écouter et la voir chanter en épluchant une pomme de terre est un grand moment !


On rit beaucoup, certes, mais on est également souvent ému. La comédienne sait alterner chansons drôles et d'autres plus mélancoliques et plus émouvantes.

Le répertoire est savamment composé.

La soprano n'est pas seule sur scène.
Hier soir, elle était accompagnée par Claude Collet au piano, une autre musicienne virtuose.
Son interprétation du Prélude N°5 en Sol majeur de Rachmaninoff est brillante !
Ces deux-là se complètent à la perfection, on sent bien une vraie entente à la fois musicale et humaine.

Au final, cette heure et quart est un pur délice, un petit joyau musical, poétique et humoristique.
Une gourmandise dont il ne faut se priver à aucun prix.
Et j'assume le fait de me répéter : c'est un spectacle incontournable !

Publié dans Critique

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