Le cas Martin Piche

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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Martin Piche n'est pas un patient comme les autres.
Lui, il s'ennuie.
Il se morfond, il s'embête, il s'emm...... grave ! Bref, il s'ennuie.


Vous visualisez le concept d'ennui ? Eh bien, c'est encore pire...
Il se languit toute la sainte journée, il n'arrête pas de tourner en rond.


Alors évidemment, sur les conseils de sa femme, il va consulter un spécialiste, un neuro-psychiatre, s'il vous plaît...


Voici le départ (le pitch de Piche...) de cette comédie écrite par Jacques Mougenot, qui par ailleurs interprète le rôle-titre.


Son compère, Hervé Devolder (le personnage du Psy) est également quant à lui le metteur en scène de la pièce. Tout ceci ne sort pas du plateau.


C'est donc à cette première séance de la thérapie que nous allons assister.
Une séance, comment dire... surréaliste. Et drôlissime, il faut bien le dire !


Jacques Mougenot, tout en bonhommie, souvent dans un total abattement et en neurasthénique puissance dix est parfait.
C'est lui, avec son texte, ses mimiques, ses double-takes, ses quiproquos, qui va déchaîner les rires de la salle.


Impossible de ne pas penser parfois à Raymond Devos, tellement nous sommes amenés à réfléchir sur le sens des mots, ou plus exactement à leur double voire triple-sens.


La langue française est riche à ce point qu'elle permet à l'auteur de véritablement jouer avec les mots et les expressions.


Les répliques fusent grâce à ces trouvailles et télescopages linguistiques.


Bien entendu, pour qu'elles fusent, il faut que la balle soit renvoyée.
Ce que fait admirablement Hervé devolder, en psy peut-être aussi névrosé que son patient.
Entre eux deux, c'est un véritable festival d'échanges de répliques plus drôles et plus spirituelles les unes que les autres.


Oui, c'est un texte qui interpelle. Il faut être constamment aux aguets pour attraper au vol les subtilités langagières. Qu'est-ce que c'est bon !
Nous sommes en permanence sur le fil des mots.


Bien entendu, la forme ne fait pas tout.
Mine de rien, la pièce propose également une vraie réflexion sur ce thème qu'est l'ennui.
Tout au long de cette heure et quart, c'est cet ennui qui fait que l'on ne s'ennuie pas une seule seconde. Comme s'il y avait une sorte de mise en abyme.


Une réplique m'a particulièrement enthousiasmé : « Ah bon, on ne s'ennuie pas qu'au théâtre ? ».


Et puis, il y a la fin de la pièce.
Une fin que je ne dévoilerai évidemment pas les tenants et les aboutissants, mais qui est vraiment inattendue et désopilante.
Un vrai coup de théâtre quoi !


La réalité et la fiction vont se mêler intimement.


J'ai donc passé une vraie bonne soirée, au cours de laquelle j'ai beaucoup ri.
C'est une pièce intelligente, pleine d'humour et de bons mots.
Pas du tout ennuyeuse !

Publié dans Critique

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doberman 25/05/2017 19:32

Vous êtes vraiment sympa de ne pas dévoiler la fin...Si je croise, je vous remercierais de vive voix !