Nous les humains

Publié le par Yves POEY

Photo Y.P. -

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Pour un coup d'essai, c'est un coup de maîtresse !


Pour son premier one-woman-show, dans la petite mais accueillante Comédie des Trois-Bornes, Maryvonne Beaune (c'est son vrai nom, nous expliquera-t-elle avec beaucoup d'humour) nous offre une heure de vrai rire.
Un rire vrai. Un rire sain. Un rire salvateur.


Et pourtant, faire fonctionner les zygomatiques du public avec le thème qu'elle a choisi relève de la pure gageure.
Un thème à priori pas follement hyper-joyeux : la sixième extinction de masse de l'histoire de notre planète, à savoir celle de l'être humain ! Purement et simplement !


Allez donc faire rire avec ça, vous !
Melle Beaune, elle, y arrive !


Il faut dire aussi qu'elle a le portable perso de... Dieu !
Oui, vous avez bien lu ! Le show débute par une conversation téléphonique avec Dieu.


God save Maryvonne ? Voire...
Parce que forcément, en commençant par discutailler avec Dieu, l'entrée et le début du spectacle sont ratés...
Elle sera même obligée de tout recommencer !


Puis va suivre toute une galerie de personnages plus caricaturaux, plus déjantés les uns que les autres, et qui sont coupables, nous dit l'artiste dans le sous-titre du spectacle, et qui sont donc coupables du pire comme du pire.


Car voilà bien là tout le second degré du propos : nous sommes face à notre propre miroir.
Le genre humain se regarde en face.


Et ce que nous voyons nous fait certes rire, mais nous fait également bien réfléchir : oui, nous sommes capables de ça, comme par exemple, en plus du dérèglement climatique, des massacres, des guerres, et des inégalités en tous genres, comme par exemple  :
- Un entretien d'embauche assez surréaliste où il faut répondre à la question « Qui êtes-vous ? »
- L'expédition d'une Marie-Caroline plus prout-prout tu meurs dans le RER. (Prononcer « raire »...)
(Maryvonne Beaune fera au passage dire à ce personnage une excellente vanne à propos de l'expression « être has-been », je ne vous en dis pas plus, à vous de découvrir si vous allez aux trois-bornes... Désopilante, la vanne...)
- L'irruption sur scène d'une « vegan friendly ». (C'est un moment irrésistible du spectacle...)
Et j'en passe et des meilleures...


C'est indéniable, Maryvonne Beaune possède une sacrée vis comica !
Elle sait faire rire, elle sait placer ses effets, ses regards. (On ne fait pas une école du Clown sans qu'il en reste de belles traces!)


Elle sait également interpeller le public, jouer avec lui.
Les ci-devant Guillaume et Gaëlle, pris à parti hier soir, pourront en témoigner aisément...

Mais la comédienne possède également bien d'autres talents.
Elle a un très joli filet de voix, qu'elle a indéniablement travaillé : j'en veux pour preuve cet extrait de La Traviata, qu'elle chante à un moment du spectacle.


Elle danse également très bien (on voit que bien des heures de boulot sont passées par là...)


Elle peut également, et c'est un pur régal, prendre quantité d'accents, plus délirants les uns que les autres... Ah, cette ex-pornstar allemande qui conclut pratiquement le spectacle !

Je suis sorti des Trois-Bornes de très, mais alors très bonne humeur, en me disant que bon d'accord, même si dans cent ans, l'Homme avec un grand H devait disparaître, ce ne serait en tout cas pas la faute de Maryvonne Beaune.
Elle (et Dieu, qui lui laissera un dernier message sur son portable) nous aura prévenus !
Grâce à elle, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas, même si l'on en a bien ri !

 

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Après le spectacle, j'ai pu interviewer la comédienne, qui a bien voulu répondre à mes questions.
Ce sera pour les jours qui suivent...

 

Publié dans Critique

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