Un amour impossible

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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Il faut aller voir jouer Mesdemoiselles Bulle Ogier et Maria de Medeiros !
Elles sont bouleversantes.

Seulement voilà...

Tout texte non destiné à l'origine pour le théâtre, tout texte de la sorte peut-il être monté sur un plateau ?
Tout roman peut-il être transposé, même par son auteur, sur une scène théâtrale ?

Après avoir vu cet Amour impossible à l'Odéon-ateliers Berthier, je suis pour ma part conforté dans mon opinion : la réponse est non.

Il est une mode assez récente qui consiste pour un metteur en scène à vouloir adapter d'un point de vue dramaturgique un texte qui ne l'est absolument pas.
C'est le cas de Célie Pauthe qui a proposé le projet à Christine Angot.

Dans la note d'intention de la pièce, le fait est assez significatif, l'auteur voulait dans un premier temps n'adapter que les trente dernières pages de son livre.
C'est vous dire si elle même était au fait du caractère assez peu théâtral de son œuvre.

Alors c'est long, alors je me suis ennuyé, alors je n'ai pas tout compris...
Pourquoi nous infliger ces garçons-loufiats qui installent des meubles, déroulent des tapis, mettent un poisson rouge sur une commode, dressent les tables d'un restaurant durant d'interminables minutes ?
Des meubles pour meubler ?

Nous n'avons qu'une envie : voir jouer les deux comédiennes, les entendre dire le texte de Christine Angot.
Voir jouer !

Elles sont purement et simplement bouleversantes, dans cette relation mère-fille confrontées à l'interdit sociétal suprême.

Ne nous y trompons pas : les applaudissements sont pour elles. Et elles seules.

Je me répète : il faut aller voir jouer Melles Ogier et de Medeiros.
(Quel dommage, hier soir, un bon quart de la salle était vide...)

(Pendant que j'y suis, on pourra relire sur ce même thème de l'inceste, les auteurs de théâtre contemporain moins connus médiatiquement que Mme Angot : Philippe Ricaud, Pierre Guillet, ou encore Jean-Pierre Klein.

Allez ! Une dernière fois : il faut aller voir jouer Melles Ogier et de Medeiros !

 

Publié dans Critique

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