L'amour dans tous ses états

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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Voici un curieux objet théâtral.

Un projet théâtral dont je ne suis pas du tout certain d'avoir saisi le sens.

 

Tout commence par une rencontre sur Internet. Les deux protagonistes de l'histoire vont se retrouver "pour de vrai".

Céline et André entament alors une relation amoureuse.

 

Deviendront-ils un vrai couple, et dans l'affirmative, sauront-ils le faire résister, ce couple, à l'usure du quotidien et du temps ?

 

Survient le personnage du psy.

Psychologue ? Psychothérapeute ? Psychanalyste ?

On ne le saura pas.

 

Ce que l'on sait, c'est qu'il va mettre les mots, à la fin de chaque tableau relatant les différents moments de la vie amoureuse de ce couple.

 

Une espèce de psy-pédagogue... Une sorte d'anthropologue. (Je n'ose pas écrire éthologue...)

 

On passe en revue les moments extatiques de la passion, jusqu'aux engueulades, les incompréhensions mutuelles, faisant ressortir les différentes problématiques de chacun : les sentiments d'abandons, les peurs et les angoisses de l'engagement, je vous laisse découvrir les autres.

 

Jusque là, tout fonctionnait plutôt bien.

Le psy prenait à parti le public, nous demandait de donner notre avis, de réagir, etc, etc...
Pourquoi pas. L'idée était bonne.

 

C'est le très bon Eric Aubrahn, irréprochable, (là n'est pas le souci) qui l'interprète, ce psy...

Le problème, c'est peut-être justement qu'il est trop bon, car les auteurs de la pièce ont un peu oublié à mon sens qu'ils étaient en train d'écrire pour le théâtre...

 

Hier soir, les trois quarts du public se croyaient en train de regarder une espèce d'émission de télé-réalité interactive, au premier degré.

Et c'est cette espèce de premier degré qui m'a personnellement gêné. Je n'y ai trouvé aucun recul.

Le théâtre c'est nous permettre d'avoir du recul sur ce que l'on voit.
 

D'ailleurs, nous étions sensés être devenus subitement les membres d'un groupe de thérapie de ce psy. Un glissement dramaturgique s'était bizarrement produit à notre insu...

 

Camille Bardery et Hervé Pauchon (dont le jeu m'a parfois fait pensé à celui de Gérard Darmon) sont eux aussi excellents. On les sent investis. Ils se donnent à fond, c'est indéniable.

 

De plus, j'ai trouvé le tout bien moralisateur, presque donneur de leçons.

 

S'il y avait une recette infaillible pour faire durer un couple, et/ou réparer les « dégâts » causés par l'un ou l'autre des deux parties, depuis le temps, ça se saurait, non ?

 

D'autant que les auteurs ont absolument voulu, coûte que coûte, vaille que vaille, que tout ceci se termine bien, après une rupture et des retrouvailles auxquelles je n'ai personnellement pas cru.

 

Je me répète : les trois comédiens sont très bons, et défendent vraiment ce spectacle.

 

Un curieux objet théâtral, vous dis-je. Il vous faudra aller vous forger votre propre opinion, bien entendu.

Publié dans Critique

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