Irma rit Rose

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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Ah ! Ce que ça fait du bien de rire !
Comme c'est bon de se laisser aller et de s'abandonner aux propos souvent hilarants de Irma Rose !
Oui, Irma nous fait rire ! Et pas qu'un peu.


Elle et tous les personnages qu'elle incarne dans son seule-en-scène.

Car il y en a du monde sur scène, pendant cette heure et quart.


C'est Stéphanie qui va ouvrir le feu, et qui sera le fil conducteur de la soirée.
Stéphanie, c'est l'archétype de la blonde un peu (beaucoup) nunuche qui balance ses états d'âme et ses angoisses existentielles.
Enfin.... Existentielles..... Je me comprends.....


Elle va nous inviter à découvrir le registre de langue « Edulc'horrible. » ou l'art de rendre édulcorées les pires monstruosités.
Enfin..... Edulcorées...... Je me comprends....


Vont suivre de vrais caractères plus ou moins déjantés.
Voici la tante, une philosophe ch'ti au franc-parler irrésistible. (Faut-il rappeler que la comédienne a suivi les cours du Conservatoire supérieur d'art dramatique de Lille ? )


Puis, nous faisons la connaissance d'une famille redoutable...
Deux ados jumeaux en admiration pour le slameur Mamadou, venu passer le réveillon de Noël en quasi-sociologue dans une famille babtou.


Car, oui, il va être beaucoup question de Noël, dans ce spectacle.
Notre Stéphanie déteste Noël, et les Père qui vont avec, ceux en plastique crasseux, suspendus au balcon de certaines maisons...
Comble de malheur, nous sommes le 24 décembre...


La galerie des personnages se poursuit.
Le père, Paul, qui refuse d'être appelé par ses jumeaux « Paulo » ou « Daron »...
La mère, à l'accent prout-prout et au tic gestuel irrésistible. (Je vous laisse découvrir, le running-gag est excellent...)
Et Ernest.
Le chien.
Irma Rose peut tout faire. Même les chiens.


Melle Rose a une sacrée vis comica.

Pour dégager, ça dégage ! Pour donner, elle donne !
Et nous, nous recevons son texte très écrit, et cette évidente puissance comique.


Un texte qui fait très souvent mouche : sans avoir l'air d'y toucher, elle pointe d'un doigt accusateur les petites et grandes absurdités de nos sociétés à la fois agitées et modernes.
Toutes ses incarnations disent des choses justes et finalement sensées, toutes les revendications sont justifiées et légitimes.


Avec un grand thème récurent : la répartition on ne peut plus inéquitable des tâches et des conditions de vie hommes/femmes.
Un point culminant qui m'a déclenché un sacré fou-rire : la copine rebeu qui accompagne Simone pour une mammographie, et qui explique au toubib le même concept d'écrabouillement d'une glande appliqué à une « testiculographie »...
Hilarant.


Irma Rose n'a pas son pareil pour les incarner ces personnages. Ils sont drôles, touchants, justes, jamais méchants.

D'un geste, d'une simple position, d'un placement, d'un changement de voix, d'accent, on sait exactement qui s'exprime.


La mise en scène de Jean-Claude Cotillard est à cet égard plus qu'efficace. Nous ne sommes jamais perdus, au milieu de ce tourbillon.
 

Oui, c'est un tourbillon de rire salutaire qui s'empare de la folie-théâtre, grâce à Melle Rose.
Et par les temps qui courent, ça ne se refuse pas, et ça se déguste !

Publié dans Critique

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