C'est encore mieux l'après-midi

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y. P. -

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On dira ce qu'on voudra, mais rire de bon cœur à un excellent vaudeville, porté par d'excellents comédiens dirigés par un excellent metteur en scène, ceci devrait être remboursé par la Sécurité Sociale !


Oui, Ray Cooney est un vaudevilliste.
Mais pas n'importe lequel. On le surnomme souvent le « Feydeau anglais ».


Il faut dire que la filiation littéraire est évidente.
Ici, tous les codes du genre, adaptés de l'Anglais par le tellement regretté Jean Poiret, tous ces codes-là sont sur scène.


Curieusement, l'histoire résonne de façon particulière, en raison de la plus brûlante des actualités.
Cette histoire, c'est celle d'un... attaché parlementaire.

 

Ce Georges Pigier est à Ray Cooney ce que Bouzin est à Georges Feydeau.
Un brave garçon, plein de bonne volonté, emprunté, maladroit, gaffeur à souhait, irrésistible dans son rôle de clown involontaire.
Pigier, au service de son député libéral Marchelier, va déclencher un tourbillon d'hilarante folie.


Je le disais plus haut, tous les codes du vaudeville sont là.
Et comme le précise José Paul, le metteur en scène, dans sa note d'intention, il s'agit « d'assumer pleinement ».
Et pour assumer, il va assumer.

En véritable virtuose.

En horloger de précision qui va ordonner cette mécanique à la fois implacable et délicate.
 

Le mot est lâché : précision.
Ici, tout est réglé au millimètre, tout coule, tout s'enchaîne à la perfection, le rythme est là, tout semble aller de soi.
Un vaudeville est réussi lorsque justement, tout semble aller de soi, lorsque la pièce ne semble pas poussive.


Ah ! Pour claquer, elles claquent, les portes.
Dans une séquence hallucinante, José Paul en fait claquer une douzaine d'affilée, sans interruption, comme un défi, comme un hommage.


Bien entendu, cette précision d'horlogerie de luxe ne serait rien sans ses rouages, ses barillets et ses guichets que sont les comédiens.


A commencer par celui qui va déchaîner les rires et les fou-rires : Sébastien Castro !
Il est purement et simplement excellent en attaché parlementaire-gynécologue-psychiatre. (Oui oui, vous avez bien lu, je vous laisse découvrir par vous-mêmes...)


C'est un vrai bonheur de le voir déployer tout une palette de techniques : double-takes, exagérations gestuelles, bafouillements, mots qui ne veulent pas sortir de sa bouche, etc, etc...
Pour envoyer, il envoie ! Il ne ménage pas sa peine... Du grand art !


Bien entendu, il n'est pas seul.
Le rôle du député est joué par un Pierre Cassignard à la fois en grande forme et en slip et peignoir léopard du meilleur effet.
Lui aussi donne sans compter.


Les filles sont également épatantes.

Lysiane Meis, en épouse plus ou moins nymphomane, ainsi que Pascale Louange en maîtresse avenante font parfaitement ce qu'elles ont à faire.


Les seconds rôles sont eux aussi impeccables, avec notamment Rudy Milstein, qui m'a impressionné de naturel et de drôlerie en garçon de room-service.


Pour résumer, ce fut une vraie bonne soirée au cours de laquelle je me suis totalement régalé !
Et comme dirait José Paul : j'assume pleinement !

Publié dans Critique

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Silly Cassin 13/04/2017 18:11

J'y suis allée samedi et je me suis également régalée. Du talent, du professionnalisme, de l'humour, de l'interprétation... du vaudeville comme on les aime et qu'on voit de moins en moins. On en redemande! Le tout dans un quartier très sympa pour prolonger une soirée bien commencée...

Yves POEY 18/04/2017 22:27

Tout à fait d'accord avec vous !