Psy-causes (2)

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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C'est un sublime fauteuil orange qui accueille sur scène les spectateurs du théâtre de l'Archipel, venus applaudir Josiane Pinson. (Et d'abord, oui, c'est son vrai nom ! )


Ce seul et magnifique fauteuil (designé par Toshiyaki Kita pour Cassina, les amateurs de précisions en matière de beaux meubles se régalent...), ce fauteuil, donc, qui se transformera en divan, sera évidemment plus qu'un accessoire.
Ce sera un personnage à part entière !


Fauteuil, divan : on sait immédiatement où l'on se trouve : nous sommes dans le cabinet d'une psychanalyste.
Une psy plus vraie que nature : silhouette sévère et longiligne, cheveux courts grisonnants, petites lunettes chaussées sur le bout du nez, « uniforme » noir, tout y est.


Comme dans le premier opus « Psy-causes », dans Psy-causes (2) tout une galerie de personnages vont se succéder dans ce seul en scène, des personnages qui vont très souvent déclencher (à leur insu) l'hilarité et les fou-rires des spectateurs.


Il faut bien l'avouer, ces personnages ont bien besoin d'être analysés : des névrosées, des psychotiques, des suicidaires, des obsessionnelles, Papa Sigmund, Tonton Carl-Gustav et Jacques se régalent.

 

Vous l'aurez noté, ces analysées évoquées ci-dessus sont exclusivement des femmes.
Car la comédienne parle de ce qu'elle connaît le mieux : la gent féminine, « les trouilles, les devoirs, les fêlures, les carcans et les angoisses des femmes », peut-on lire dans sa note d'intention.


Ces femmes qui souffrent plus ou moins profondément viennent donc se confier à leur psy.


Mais cette dernière va-t-elle si bien que ça, elle aussi ?
Allez donc savoir...
Ce qui est certain, et c'est l'une des grandes réussites du spectacle, c'est que l'auteure-comédienne nous fait également partager les problèmes de la thérapeute, qui elle, peut mettre un nom dessus.
Nous ne sommes pas dans un spectacle à sens unique.


Tous ces personnages se livrent donc, provoquant immanquablement un effet-miroir garanti : je défie quiconque de ne pas se dire, à un moment ou un autre du spectacle : « Ah ! Tiens ! ça me rappelle quelque chose ! »


Je le disais un peu plus haut, on rit énormément.
La comédienne possède une vraie force comique.


Le premier facteur de cette vis comica, c'est bien entendu la qualité du texte.
Elle sait écrire, c'est drôlissime, percutant, c'est intelligent, c'est un petit bijou mêlant humour et références psychanalytiques. (Elle sait de quoi elle psy-cause, la Pinson ! )


Son jeu est évidemment lui aussi vecteur de moments jubilatoires.
Ses accents, ses expressions, ses mimiques, sa capacité à changer et à moduler sa voix nous plongent dans de bien délicieux moments de rires nourris.


Mais ce n'est pas tout !
Nous serons également bien souvent très émus par ces personnages qui nous touchent profondément.

Les relations inter-générationnelles, les rapports mère-enfants, épouse-mari, conjoint-conjointe, le rapport de certains à la mort, tout ceci ne peut nous laisser indifférents.
De ce point de vue aussi, c'est une vraie réussite.


La comédienne est en permanence sur le fil, c'est un périlleux exercice, totalement assumé et complètement réussi !

Une bien belle soirée pleine de rires et d'émotions en tous genres.

 

Sans oublier une petite comptine qui vous poursuit bien longtemps après que la lumière se soit rallumée dans la salle : « Nique la mort, nique la mort, nique la mort, mort mort ! Mort aux trousses, mort aux trousses, mort aux trousses, trousses, tousses... »

 

Au final, je suis reparti avec un seul souhait : dis Melle Pinson, tu pourras nous faire un Psy-causes (3) ?
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A la sortie du spectacle, Josiane Pinson est revenue à mon micro sur son spectacle, ses personnages, et son rapport à la psychanalyse.
Un très beau moment.
Ce sera pour demain...

Publié dans Critique

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