Nous aimerons-nous ?

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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Voici un spectacle qui commence... avant le spectacle !
Si si, c'est comme je vous le dis !


Avant de pénétrer dans la salle, est remis à chaque spectateur un formulaire format A5, à remplir lisiblement, selon la formule consacrée.
Un bleu pour les garçons.
Un rose pour les filles.


A nous de déterminer certaines options (que je me garderai bien de révéler ici), qui vont constituer une partie du fil conducteur de la pièce qu'interprèteront Véronic Joly et Olivier Descargues.
Cette formalité accomplie, nous pénétrons dans la salle.


Ces deux-là, en peignoir blanc et pieds nus, nous attendent sur le plateau, juste devant un grand lit.
Comme M. Millet, mon prof de philo de terminale qui ramassait nos copies, eux vont collecter nos bulletins.


Puis, la deuxième partie peut commencer.
Une partie « interactive ».

Le public va participer, en affinant les contraintes du canevas que devront interpréter les deux comédiens.


Ce canevas-là est donc constitué de variables que nous imposerons à Melle Joly et M. Descargues.
Le nom des personnages, leur métier, la date à laquelle ils se sont rencontrés, le lieu où va se dérouler l'action de la pièce.
(Non, je n'irai pas plus loin, déjà que j'en ai beaucoup trop dit...)


Et la troisième partie, la partie pour le coup véritablement théâtrale peut débuter : nous allons assister au déroulement d'une histoire d'amour, un déroulement totalement improvisé.


Bien entendu, il n'est pas besoin de préciser à quel point l'exercice peut-être casse-gueule.
Toutes les contraintes imposées par le public doivent être respectées !

Pour certaines, c'est assez facile, pour certaines, c'est une autre paire de manches...


Alors bien sûr me direz-vous, est-ce que le public n'a pas plutôt tendance à vérifier que tous les choix du public « rentrent » bien dans le texte de la pièce ?


Evidemment.
Mais il n'en reste pas moins vrai que l'histoire, en tout cas, celle que j'ai vue hier, tient la route.
Les deux « improvisateurs interactifs » reprennent alors leur vrai costume de comédiens.


Olivier Descargues est drôle, avec parfois des accents et des expressions à la Jean-Pierre Bacri.
Véronic Joly lui donne la réplique de belle manière. Ils donnent beaucoup, et chacun doit être très attentif au texte de l'autre. Et pour cause.


Il s'agit pour eux d'une vraie performance.
Chaque soir, les deux changeront leur texte, leurs costumes, leurs déplacements.
Chaque soir, l'histoire d'amour sera différente, comme finalement le sont toutes les histoires d'amour.

Nous sommes très proches de la mise en abyme, de ce point de vue-là.


Ce qui est certain, c'est que pour s'en rendre vraiment compte, il faudrait assister à plusieurs représentations.
Mais faisons confiance aux deux comédiens : chaque soir, la même question sera posée : « Nous aimerons-nous » ?


La réponse donnée sera-t-elle la même ?
Allez donc savoir...

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A la sortie de la représentation, Veronic Joly et Olivier Descargues sont revenus à mon micro sur les tenants et aboutissants de cette véritable gageure.
Ce sera pour les jours qui suivent...

Publié dans Critique

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