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Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

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Parfois, vous allez voir un spectacle qu'un attaché de presse vous a proposé, et vous ne savez pas du tout à quoi vous attendre.
C'était mon cas en franchissant les portes du Studio des Champs-Elysées.


C'est alors que vous avez la grande chance d'assister à un spectacle d'une rare fraîcheur, rempli d'humour, de drôlerie, mais également d'émotion vraie, non surfaite, non surjouée.


Un spectacle qui pose de vraies questions et qui vous remue.
Un spectacle qui parle du respect de l'Autre et de ses différences.


Cette comédie écrite par Gaëtan Borg et Stéphane Laporte est mise en musique par Stéphane Corbin, au piano sur scène et en direct-live.


Stéphane Corbin, nous le connaissons pour l'avoir chaleureusement applaudi, lui et sa troupe des Funambules, au Studio Hébertot.
Je l'avais d'ailleurs interviewé à cette occasion. C'était ici :


http://delacouraujardin.over-blog.com/2016/10/entretien-avec-stephane-corbin-collectif-les-funambules.html


Ce fut un vrai bon moment.

31, c'est une date. Pas n'importe quelle date.
Il s'agit du 31 décembre 1999.

C'est la date affichée sur scène lorsque le public s'installe dans la salle.


Quatre amis, une doctoresse (interprétée par Carole Deffit), le plus jeune PDG de France (Alexandre Faitrouni), une cadre-sup dans l'humanitaire (Valérie Zacommer) et un employé d'hôtel (Fabian Richard).

Et nous voilà à remonter le temps, chaque année à la même date. Les quatre amis se retrouvent.
Chaque réveillon est prétexte à un tableau joué et chanté.
Nous découvrirons alors les secrets de ces personnages, leurs fragilités, leurs doutes et leurs failles.

Non seulement les quatre protagonistes jouent très bien la comédie, mais ils chantent à la perfection, avec de très jolies voix et une absolue justesse.
Ils sont tour à tour irrésistibles, drôles, émouvants et n'arrêtent pas, dans une mise en scène survitaminée de Virginie Lemoine.

Avec une très belle scénographie faite de cubes blancs multifonctions (je vous laisse découvrir), et deux « armoires » assorties. De vraies trouvailles.

Stéphane Corbin a ceci de formidable qu'il sait nous faire comprendre que la chanson est un réel genre artistique majeur.
Ses compositions sont autant de petits moments de grâce, faites de belles mélodies et de subtiles harmonies. Sans grands effets gratuits et superflus (suivez mon regard du côté d'immenses productions à la fois actuelles et franchouillardes...), mais de ces compositions qui vous touchent et vous remuent.


Les « quatre fantastiques » se les sont appropriées, ces chansons, et ce, de bien belle manière.
On sent bien une vraie pâte sonore, une vraie cohésion vocale.


On les sent heureux sur scène, on sent un vrai groupe de copains qui s'amusent à jouer, à chanter.

(D'ailleurs, voir Stéphane Corbin derrière son piano les regarder en souriant est très révélateur.)

Je vous le disais un peu plus haut, on rit énormément.
Certains tableaux sont hi-la-rants. Je pense notamment à la scène du train-fantôme...


La vanne sur la traduction en créole de l'oeuvre de François Sagan est énorme. (On a dû m'entendre rire du fond de la salle...)
Tout comme celle du surnom de l'étudiante en médecine première en dissection. (Je vous laisse évidemment découvrir...)

Mais on est évidemment bien souvent très ému. D'autant que nous reviendrons pour la dernière scène au point de départ temporel. Le 31 décembre 1999. (Là aussi, je me garderai bien de vous révéler la fin...)


Ce spectacle véhicule de vraies valeurs humanistes.
Et par les temps qui courent, parler et chanter ces vraies valeurs de respect et de tolérance, ce n'est pas du superflu.
Et puis, surtout, surtout, cette comédie musicale parle d'amour.
Et l'amour, on n'en parle jamais trop.


Ruez-vous au Studio des Champs-Elysées !

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http://www.comediedeschampselysees.com/spectacles/83/31

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Publié dans Critique

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