Love letters

Publié le par Yves POEY

(C) Photo Bertrand Rindoff Petroff pour Getty Images

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(c) Photo TitresPresse

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(c) Photo Y.P. -

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Love these letters !
Love these two great actors !

 

Deux monstres sacrés.
Non, ici, l'expression n'est en rien galvaudée.

Mylène Demongeot. Jean Piat.
Dans une pièce mythique, l'une des pièces contemporaines les plus jouées au monde.

La lumière baisse.
Le rideau se lève.
Un frisson parcourt la salle entière.
Les deux comédiens sont déjà là, assis chacun derrière un grand bureau.
L'une à jardin, l'autre à cour.
Elle en robe longue lamée dorée, pieds nus, lui en chemise et léger pull bleu turquoise col V, assorti à ses yeux, toujours aussi vifs et pétillants.
Presque deux uniformes : elle celui d'un personnage un peu fantasque, lui celui de la rigueur.
Le charme opère immédiatement. Sans qu'ils aient besoin de dire quoi que ce soit.


Et puis montent les deux voix.
Reconnaissables entre mille.
(Ces voix sont au passage extrêmement bien sonorisées, un grand coup de chapeau à l'ingé-son de la Comédie des Champs-Elysées.)

Tour à tour, ils vont lire les lettres que les deux personnages, Andrew Ladd et Melissa Gardner, vont s'adresser tout au long de leur vie.

En étant assis, en ne bougeant pas ou très peu (Mylène Demongeot rejoindra un fauteuil au lointain, et terminera debout tout près du manteau d'Arlequin avant d'aller enlacer son partenaire).

Ce sont ces deux vies qui vont se dérouler devant nous, par l'intermédiaire de ces actes épistolaires.
Tout va commencer pour ces deux-là à l'âge de huit ans.
Oui, ces deux seniors parviennent aisément à nous convaincre qu'ils ont huit ans.

Et puis les personnages grandissent, s'écrivent encore, toujours.
La vie passe. Le courrier également.

On éprouve un délicieux sentiment de sérénité, de plénitude à les écouter, ces deux-là.
De par leur âge, leur expérience, leurs vécus respectifs, mais aussi et surtout de par leur métier et leur extraordinaire talent, ils savent prendre leur temps.
Les mots sont dits intensément, posément, et avec délectation.
On voit bien Melle Demongeot sourire à certains passages, on la voit savourer le texte.

Jean Piat,de sa diction parfaite, place admirablement les effets, les bons mots.

Il insiste sur les moments drôles mais aussi tendres ou émouvants.

Les deux, mis en scène par Stéphanie Fagadau, nous procurent énormément d'émotion, j'ai vraiment été touché par ces deux personnages forts, par ces deux vies qui passent par l'intermédiaire de ces missives amoureuses.

Je dis souvent qu'il faut toujours remercier les comédiens, car sans eux, nos vies seraient tellement plus tristes...

Ici, c'est beaucoup plus qu'un simple merci qu'il faut dire.
Il faut répéter encore et toujours à Mylène Demongeot et à Jean Piat qu'on les aime.

Love letters

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