La rivière à l'envers

Publié le par Yves POEY

Houdia Ponty - Arno Nguyen - Isabelle Couloigner - Laurent Vigreux - (c) Photo Y.P. -

Houdia Ponty - Arno Nguyen - Isabelle Couloigner - Laurent Vigreux - (c) Photo Y.P. -

Comme il est réconfortant d’assister à un spectacle de qualité pour enfants, l’un de ces spectacles qui ne prend pas ses jeunes spectateurs pour des demeurés !

Un spectacle qui fait confiance à la capacité des mômes à capter un message non prémâché, un message véhiculant de vraies valeurs humanistes telles que l’acceptation de la différence, le respect de l’autre, sans oublier ce noble sentiment qu’est l’amour, et ce, sans mièvrerie aucune.

Ce que nous propose Houdia Ponty, la metteure en scène de cette « Rivière à l’envers » relève de cette démarche ambitieuse.
Avec sa compagnie « Mad et Gus », elle a adapté le célèbre roman de littérature de jeunesse que nous devons à Jean-Claude Mourlevat, un roman qui vient justement d’être réédité.

Et de quelle façon, elle l’a adapté !

Elle a mis en scène cette quête, ce récit initiatique de brillante manière, cette quête de l’eau qui rend immortel et qui débouchera sur… ce que je vous laisserai le soin de découvrir.

Oui, une brillante mise en scène, avec de vraies trouvailles et de vraies inventions scénographiques.
Ses partis-pris sont très judicieux, et fonctionnent parfaitement.

Un décor épuré, fait de caisses en bois qui sont bougées, assemblées, désassemblées tout au long de la pièce pour symboliser les différents décors : une épicerie, une forêt, un bateau à voiles, une montagne…
C’est très malin, ça marche et c’est très beau.

De vrais moments de théâtre nous sont proposés.
Une vraie scène d’ouverture, une scène de navigation maritime épatante, une autre, assez bouleversante, de lecture d’une lettre, une difficile escalade de montagne, etc, etc…
Et tout fonctionne, on y croit, on y est !

Cette après-midi, il n’y avait que pour s’en convaincre que de se trouver à côté de ces jeunes d’un centre de loisirs venus d’Evry : on n’entendait pas une mouche voler.
C’est évidemment un signe qui ne trompe pas !

Les quatre comédiens sur scène, Isabelle Couloigner, Arno Nguyen, Laurent Vigreux, et Houdia Ponty en personne ne ménagent pas leur peine, interprétant pour la plupart plusieurs personnages et ce, d'une façon plus que convaincante.
On sent évidemment cet esprit de troupe qui les anime, cette joie de se retrouver entre copains, et de jouer.

On sent bien également ce respect dû à leurs jeunes spectateurs : tout ne leur est pas délivré "clefs en main", la compagnie « Mad et Gus fait confiance à l’intelligence de ces jeunes spectateurs-là.

Et c’est tant mieux.

Ce fut une heure de vrai théâtre, ce théâtre que l’on aime, ce théâtre intelligent, militant, même avec les plus petits.

Une heure que l’on ne voit pas passer, une heure épatante.

Une heure délicieuse que l’on doit en grande partie à Houdia Ponty, à qui je prévois un grand avenir.

Je l’ai rencontrée, au sortir de la pièce, afin qu’elle puisse répondre à mon micro à quelques questions.
Ce sera pour les jours à venir…
Ah ! J’allais oublier….
Tout comme moi, c’est une grande fan de Léonie Simaga…

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La rivière à l'envers
d'après Jean-Claude Mourlevat
M.e.s. Houdia Ponty


Comédie Nation
77, rue de Montreuil - Paris 11è

http://www.comedienation.fr/content/la-rivi-re-lenvers

Publié dans Critique

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