Eurêka !

Publié le par Yves POEY

Alexandre Pesle - Charlotte Matzneff - Eric Laugérias - (c) Photo Y.P. -

Alexandre Pesle - Charlotte Matzneff - Eric Laugérias - (c) Photo Y.P. -

Il y a du Feydeau dans la façon dont Jean-Philippe Daguerre a mis en scène cette pièce « Eurêka » de Jean-Paul Bathany.
Pas de temps mort, pas de répit.

Oui, il y a là une vraie mécanique dramaturgique implacable.
Une mécanique qui provoque immanquablement le rire.


Bien entendu, si Jean-Philippe Daguerre a pu déclencher une telle mécanique, c'est qu'il a pu compter sur un trio de comédiens qui assurent vraiment, pour parler « D'jeuns ».


Des comédiens qui n'arrêtent pas, qui se donnent à fond : Charlotte Matzneff, Eric Laugerias et Alexandre Pesle.
Ces trois-là ne ménagent pas leur peine pour défendre l'histoire.


Soyons clairs : cette histoire-là ne révolutionnera pas le répertoire théâtral français.
Certes.

En même temps, je ne suis pas certain que ça ait été à un quelconque moment le propos de l'auteur.


Mais il faut être juste et objectif : on ne s'ennuie jamais, on rit énormément. Que demander de plus, finalement...


Olivier Enjalbert (Alexandre Pesle) ingénieur sur le point de développer un réacteur dont on ne saura jamais à quoi il peut bien servir (le réacteur, pas l'ingénieur...) et son ami Bertrand Pradier (Eric Laugérias), écrivain raté, ces deux-là montent une arnaque à l'assurance-vie afin de pouvoir financièrement terminer l'engin sus-nommé. (Je fais court...)

 

Mais voilà, un grain de sable va gripper le réacteur...
Un délicieux grain de sable sexy en la personne de Charlotte Lassalle (Charlotte Matzneff) !

Et puis....
J'en resterai là de l'intrigue, à vous de vous déplacer au Théâtre des Variétés.


Les trois comédiens sont donc épatants.
Alexandre Pesle, en physicien gaffeur, lourdaud, lunaire, impayable, Charlotte Matzneff légère, charmante, ingénue.
Et puis, il y a Eric Laugérias qui tout au long de la pièce se démène comme un vrai diable, tout en tension contenue, drôlissime, arpentant le plateau, déclenchant bien des fou-rires.


Les dialogues fusent, (excellents, les dialogues...), les situations drôlissimes se succèdent, les tableaux s'enchaînent.

Ca n'arrête pas, vous dis-je ! Du rythme, du rythme, du rythme !
"Pikado", dirait Jean-Philippe Daguerre. (L'explication de cet étrange terme, c'est pour demain...)


C'est un vrai bon moment, qui certes, ne demande pas vraiment de se triturer les méninges, mais qu'il faut apprécier à sa juste valeur.


Des comédiens chevronnés qui offrent bien du plaisir aux spectateurs qui tous, rient beaucoup, une mise en scène au cordeau, précise, nerveuse, enlevée.


C'est un vrai bon moment qui doit se déguster comme tel.

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Après la pièce, j'ai retrouvé les trois comédiens dans la loge "Michel-Simon" du Théâtre des Variétés pour une interview.
Ce sera pour demain !

Eurêka !

Publié dans Critique

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