Les amoureux de Shakespeare

Publié le par Yves POEY

(c) Photo Y.P. -

(c) Photo Y.P. -

Jouissif ! Jubilatoire ! Délirant !
Une farce hilarante, une pochade débridée, tirée du Songe d'une nuit d'été du grand William.

Une relecture enthousiasmante et déjantée !

Enfin des jeunes qui n'hésitent pas à malmener (dans le bon sens du terme), à bousculer Shakespeare !
Ici, pas de cette auto-censure tellement présente de nos jours, ici, pas de retenue de mauvais aloi.

Dans la droite ligne et dans la continuité de leur précédente production "Les amoureux de Marivaux", les Mauvais élèves (le nom de la troupe) se lâchent totalement et osent.

Et comme ils ont raison !

J'ai retrouvé l'esprit et l'humour de la troupe du Splendid de la grande époque, avant que les Clavier, Chazel, Lhermitte, Jugnot et consorts ne gagnent beaucoup d'argent !
C'est bien simple, j'ai passé une soirée qui m'a ramené quelques années en arrière.

Ces jeunes gens sont complètement décomplexés, on rit de bout en bout.
Ils ont bien raison d'aller aussi loin.

Leurs personnages de quatre bobos Londoniens, Hermia, Héléna, Lysandre et Démétritus (euh....non ! Démétrius...), au son des tubes anglais des seventies, nous font hurler de rire.

Ces quatre-là, Valérian Béhar-Bonnet, Elisa Benizio, Bérénice Coudy et Antoine Richard ont une sacrée vis comica.

Ils maîtrisent parfaitement l'art de placer une  réplique, d'appuyer un effet, d'étirer judicieusement un gag, mais aussi de jouer avec le regard, avec le corps (les scènes de danse et de karaté sont à mourir de rire...)

Il faut dire aussi que la mise en scène de Corinne et Gilles Benizio, alias Shirley et Dino, fonctionne admirablement.
On sent la patte experte des deux célèbres duettistes.

Les gags, les situations, les calembours s'enchaînent, dans un assez grand respect du texte de Shakespeare, ce qui fait parfois naître de furieuses et cocasses incompréhensions.
Le décalage des références fonctionne parfaitement.

Un grand coup de chapeau à Mariette Niquet-Rioux pour les costumes seventies ainsi que pour les tenues absolument extravagantes de la famille des Puck, les lutins.
(Je ne vous les décrirai évidemment pas, ces tenues, pour garder intacte la surprise.)

Hommage aussi au passage à l'auteur de cette trouvaille : le maître à penser des lutins n'est autre que le grand sage Puckucius.

Je ne vous dévoilerai pas non plus la fin déjantée de la pièce : elle est purement et simplement dé-li-ran-te !

Il fallait oser, ils ont osé !

Chaque époque a sa troupe à la fois mythique et hilarante : les Branquignols, la troupe du Splendid, les Inconnus, les Nuls, les Robins des Bois...

Il se pourrait fort bien que les Mauvais élèves soient les prochains sur ma liste !

Les amoureux de Shakespeare

Publié dans Critique

Commenter cet article