Le sourire d'Audrey Hepburn

Publié le par Yves POEY

(c) Photos Y.P.
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L'absence du Père.


Tel est le sujet du roman de Clémence Boulouque « Un instant de grâce », duquel est adapté ce « Sourire d'Audrey Hepburn ».


1964.
Nous sommes à Dublin.


Mel Ferrer, le mari d'Audrey Hepburn organise une rencontre entre la jeune comédienne et celui qu'elle n'a pas vu depuis trente ans, qui l'a abandonnée, elle et sa mère.


Elle a peur. Elle hésite.
Le prendra-t'elle, cet avion, oui ou non ?


Seule en scène, c'est Isabelle Carré qui incarne la jeune femme.


Dans un décor minimaliste.
Un fauteuil, et au passage, le même fond de scène, le même mur de papier peint que celui de la pièce « Avant de s'envoler » qui se joue en même temps au Théâtre de l'Oeuvre.


La mise en scène est elle aussi minimaliste.
Peu de mouvements, Mademoiselle Carré ne quittant que très peu son fauteuil en cuir durant cette heure.
C'est le parti-pris, semble-t'il de Jérôme Kircher, le metteur en scène.


Isabelle Carré fait le job.
Et elle le fait très bien.


Avec délicatesse, elle se saisit de ce texte pas si évident que cela.


Durant cette heure, elle va nous révéler quel genre d'homme était ce père absent, originaire des Pays-Bas.


Un fasciste, ayant très tôt rejoint le parti rexiste belge de Léon Degrelle, avant de passer en Angleterre pour rejoindre le parti nazi local, la « British Union of Fascists ».
Oui, il y eut des nazis Grands-bretons, tout comme il y en eut des Français.


Délicatesse, disé-je : Isabelle Carré est bien entendu le principal intérêt de cette pièce.


De sa voix douce, posée, elle est touchante, et parvient véritablement à nous faire percevoir la blessure qu'a laissé ce père qui l'a abandonnée alors qu'elle avait cinq ans.


Elle m'a beaucoup ému.
Très crédible, très juste, elle est vraie, incarnant cette star qui avait tout pour être heureuse.
Sauf que...

 

(c) Photo Richard Schroeder

(c) Photo Richard Schroeder

Alors bien entendu, on pourra se demander longtemps s'il était tellement urgent d'adapter ce roman, pour en faire une pièce.


Effet de mode du moment ?

(Combien de romans sont de plus en plus adaptés pour le théâtre...)


Opportunité pour une auteure de travailler avec la comédienne ?

(C'est en tout cas ce que laisse plus ou moins entendre la note d'intention du dossier de presse...)


Allez savoir !


Ce qui est important, c'est d'aller voir Isabelle Carré, et se laisser emporter par son texte, par ses mots, par sa voix et son émotion.

Le sourire d'Audrey Hepburn

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